L'Ouganda applique une taxe de 30 % sur les paris et instaure un nouveau prélèvement sur les gains
L’Ouganda s’apprête à mettre en œuvre de nouvelles mesures fiscales sur les jeux de hasard à compter du 1er juillet 2026, suite à l’adoption d’une législation révisée visant à restructurer le secteur. En vertu du projet de loi de 2026 portant modification de la loi sur les loteries et les jeux de hasard, un impôt forfaitaire de 30 % sur le produit brut des jeux s’appliquera à tous les segments du secteur, remplaçant ainsi l’ancien système progressif par une approche plus uniforme.
Le projet de loi de 2026 sur l’impôt sur le revenu (amendement) introduit une retenue à la source de 15 % sur les gains nets des parieurs, calculée après déduction de la mise initiale. Ces réformes étendent la fiscalité tant aux opérateurs qu’aux joueurs, les autorités cherchant à uniformiser les taux et à augmenter les recettes provenant de l’industrie des jeux de hasard.
Présentation de la nouvelle structure fiscale
La nouvelle législation ougandaise sur la fiscalité des jeux de hasard marque une avancée décisive vers un renforcement de la réglementation de l’industrie. Avec un taux forfaitaire de 30 % désormais appliqué à l’ensemble des recettes des jeux, calculées après déduction des gains versés, la réglementation traite toutes les formes de jeux de hasard de la même manière, supprimant ainsi de fait les distinctions qui existaient auparavant entre les jeux de hasard et les paris.
Les joueurs seront également concernés, puisqu’une retenue à la source de 15 % sera prélevée sur leurs gains avant leur distribution. Dans l’ensemble, ces changements augmentent les coûts d’exploitation et montrent à quel point le gouvernement est déterminé à renforcer son emprise sur l’industrie tout en augmentant les recettes fiscales.
L’ancien régime fiscal des jeux de hasard en Ouganda comportait deux niveaux : les paris sportifs étaient taxés à 20 % et les casinos et jeux de hasard à 30 %. Ses marges bénéficiaires plus serrées se reflétaient dans la baisse du taux de pari, destinée à maintenir la compétitivité des opérateurs. La nouvelle réglementation élimine cette distinction et augmente le coût pour les plateformes de paris en imposant une taxe forfaitaire de 30 % sur toutes les activités de jeux de hasard.
Pourquoi l’Ouganda augmente les taxes sur les jeux de hasard
L’Ouganda a l’intention d’augmenter les taxes sur les jeux de hasard afin de renforcer le financement du budget national pour l’exercice 2026-2027. Compte tenu de l’expansion rapide des casinos et des sites de paris, les autorités estiment que l’industrie est sous-imposée par rapport à son importance. Grâce à l’utilisation quotidienne accrue des smartphones, les jeux de hasard en ligne se sont développés et constituent désormais une source fiable de recettes fiscales. Ces changements s’inscrivent dans une tendance plus large observée dans les pays africains, où les gouvernements ont recours aux jeux de hasard pour renflouer les caisses de l’État.
Conséquences pour les opérateurs et les joueurs
Les opérateurs comme les joueurs seront directement touchés par la nouvelle réglementation fiscale ougandaise en matière de jeux. Les marges bénéficiaires des opérateurs sont réduites par l’augmentation à 30 % de l’impôt sur les recettes brutes des jeux, ce qui pourrait les inciter à revoir leurs tarifs et leurs stratégies promotionnelles, voire contraindre certaines petites entreprises à quitter l’industrie. Les grandes entreprises sont mieux à même de résister à ces effets, ce qui pourrait entraîner une consolidation de l’industrie.
Les jeux de hasard sont globalement une activité moins lucrative en raison de la retenue à la source de 15 % sur les gains, qui réduit le montant que les joueurs reçoivent de leurs paris. Certains clients pourraient être dissuadés de parier aussi fréquemment qu’auparavant par ces changements, tandis que d’autres pourraient être attirés par des sites offshore où la réglementation est moins stricte et où les protections des consommateurs sont bien moins importantes.
Par rapport aux autres marchés du continent, les nouveaux taux d’imposition sur les jeux de hasard en Ouganda comptent parmi les plus élevés d’Afrique. Le Kenya prélève une taxe de 5 % sur les dépôts et les retraits des comptes de paris, et l’État de Lagos au Nigeria a récemment introduit une retenue à la source de 5 % sur les gains. L’Ouganda va toutefois plus loin que ses voisins régionaux, avec une taxe de 30 % sur le produit brut des jeux et une retenue à la source de 15 % sur les gains des joueurs, ce qui fait de son approche l’une des plus strictes de la région.
Perspectives pour le secteur des jeux de hasard en Ouganda
Les dernières modifications fiscales en Ouganda allient réforme et allègements. Les logiciels étant désormais soumis à des redevances, davantage de services numériques sont intégrés au système fiscal. De plus, les salariés gagnant jusqu’à 335 000 shillings ougandais par mois ne seront plus assujettis à l’impôt à la source (PAYE), ce qui soulage les contribuables à faibles revenus de cette charge. Le seuil de dépenses minimum requis pour que les promoteurs hôteliers puissent bénéficier de subventions touristiques ayant été ramené de 5 millions à 1,5 million de dollars, les petites entreprises peuvent désormais entrer sur le marché.
Les taxes sur les jeux de hasard ont également été harmonisées, avec une retenue à la source de 15 % sur les gains des joueurs et une taxe de 30 % sur le produit brut des jeux. Ces mesures devraient entraîner une augmentation des recettes publiques. Toutefois, les effets à long terme dépendront de la capacité du secteur des jeux de hasard à rester rentable face à la hausse des taux d’imposition, ainsi que de la décision des joueurs et des opérateurs de modifier ou de délocaliser leurs activités.
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