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Plus de 600 000 Brésiliens optent pour l'auto-exclusion des paris

Julia Moura
Rédigé par Julia Moura
Traduit par Tarik Taloufate

La croissance rapide des paris sportifs en ligne au Brésil a créé de nouvelles opportunités de divertissement, mais elle a également suscité des inquiétudes concernant l’endettement, les comportements compulsifs et la santé mentale des utilisateurs. Dans ce contexte, un outil créé par le gouvernement fédéral a attiré une attention particulière en matière de protection des joueurs.

Lancée en décembre 2025, la plateforme d’auto-exclusion a déjà enregistré plus de 600 000 demandes volontaires de blocage de la part d’utilisateurs de sites de paris autorisés dans le pays, selon un communiqué publié par le ministère des Finances. L’initiative, coordonnée par le Secrétariat des prix et des paris du ministère des Finances, permet à tout citoyen de demander, via une application unique, le blocage simultané de l’accès à tous les opérateurs de paris réglementés.

Début juin 2026, la plateforme comptabilisait 603 000 demandes d’auto-exclusion, un chiffre qui représente une part significative d’utilisateurs reconnaissant la nécessité de limiter ou d’interrompre leur relation avec les paris.

Qu’est-ce que l’auto-exclusion ?

L’auto-exclusion est un mécanisme déjà utilisé dans plusieurs pays pour aider les personnes souhaitant s’éloigner des paris, temporairement ou définitivement. Dans le modèle brésilien, le processus est centralisé. En fournissant leur CPF (numéro d’identification fiscale brésilien) sur la plateforme, les utilisateurs sont empêchés d’accéder aux sites de paris autorisés, de créer de nouveaux comptes et même de recevoir des publicités ciblées liées au secteur. L’objectif est de créer une barrière entre le joueur et les opérateurs lorsque les habitudes de jeu provoquent des dommages personnels, émotionnels ou financiers.

La mesure a été encadrée par des règles du ministère des Finances, qui imposent également des obligations aux entreprises du secteur afin de garantir que les demandes d’exclusion soient respectées par tous les opérateurs autorisés du pays.

La santé mentale est la principale préoccupation

Parmi les utilisateurs ayant opté pour l’auto-exclusion, la principale motivation est directement liée au bien-être psychologique. Selon les données de la plateforme, 41 % des utilisateurs inscrits ont déclaré avoir perdu le contrôle de leur activité de pari ou constaté des effets négatifs sur leur santé mentale.

Ces chiffres confirment des préoccupations déjà observées dans plusieurs pays. Les organisations internationales de santé alertent sur le fait que les jeux de hasard compulsifs peuvent entraîner des symptômes similaires à ceux d’autres troubles comportementaux, notamment l’anxiété, le stress, les variations d’humeur et des difficultés dans les relations familiales.

Pour accompagner les utilisateurs, la plateforme fournit des informations sur les signaux d’alerte, les facteurs de risque et les démarches à suivre pour obtenir un traitement dans le système de santé public. Elle oriente également les citoyens vers des services liés au Système de santé unifié (SUS), élargissant ainsi l’accès à un soutien spécialisé.

Les difficultés financières motivent aussi les demandes

Bien que la santé mentale soit la principale raison de l’auto-exclusion, les problèmes financiers figurent également parmi les facteurs déterminants. Selon les données officielles, 12 % des utilisateurs ont mentionné des difficultés financières comme raison principale pour abandonner les paris. Par ailleurs, 18 % ont indiqué chercher une protection contre une éventuelle utilisation abusive de leurs données personnelles sur les plateformes. En outre, 13 % ont pris cette décision à titre préventif, tandis que 14 % ont préféré ne pas préciser leurs motivations.

Les spécialistes de l’éducation financière soulignent que la croissance des paris en ligne s’accompagne d’une augmentation des discussions sur le surendettement. Bien que les paris soient une activité légale et réglementée, de nombreux consommateurs les considèrent comme une source de revenus complémentaires, ce qui peut créer des attentes irréalistes et entraîner des pertes importantes.

Dans ce contexte, certaines initiatives de sensibilisation sont jugées essentielles pour encourager des pratiques de jeu responsable.

Outils de prévention et d’accompagnement

En plus du blocage des comptes, la plateforme centralisée d’auto-exclusion propose des ressources axées sur la prévention. Parmi celles-ci figure une auto-évaluation de la santé mentale, conçue pour aider les utilisateurs à identifier d’éventuels signes de comportement problématique. Le questionnaire pose des questions simples sur les habitudes de jeu et permet d’évaluer le niveau de risque. Selon les résultats, le système encourage à consulter un professionnel.

La plateforme propose également un cours gratuit axé sur l’éducation financière et la consommation responsable. Le contenu aborde les aspects comportementaux des paris et présente des stratégies pour éviter la vulnérabilité économique.

L’initiative a été développée en partenariat avec le Secrétariat national de la consommation (Senacon), rattaché au ministère de la Justice, et l’Université de Brasilia (UnB). À l’issue du cours, les participants reçoivent une certification.

Exclusion temporaire ou permanente

Les utilisateurs peuvent choisir différentes durées d’exclusion. La période minimale est d’un mois et la maximale d’un an, avec également la possibilité d’une auto-exclusion pour une durée indéterminée.

Les données montrent que la majorité des Brésiliens privilégient une exclusion plus stricte. Environ 69 % des demandes concernent une durée indéterminée, tandis que 31 % optent pour une durée fixe. Parmi ces derniers, la durée de 12 mois est la plus fréquemment choisie.

Un autre aspect important est que la décision ne peut pas être annulée avant la fin de la période choisie, une mesure conçue pour éviter les décisions impulsives et garantir une meilleure efficacité du dispositif de protection des joueurs.

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