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Le Bangladesh s'apprête à moderniser sa législation relative aux jeux de hasard après 150 ans

Ansh Pandey
Rédigé par Ansh Pandey
Traduit par Tarik Taloufate

Le Bangladesh s’apprête à procéder à la plus grande refonte de sa législation sur les jeux de hasard depuis plus de 150 ans, alors que les autorités s’efforcent de renforcer le contrôle sur le marché des paris en ligne, en pleine expansion dans le pays.

Selon les médias locaux, le gouvernement s’apprête à remplacer la loi coloniale de 1867 sur les jeux de hasard publics par une nouvelle loi spécialement conçue pour encadrer les jeux de hasard, les paris et les activités en ligne modernes. Les responsables indiquent que le projet de loi en est désormais à sa phase finale et qu’il devrait être présenté lors de la prochaine session parlementaire.

L’agence de presse publique du Bangladesh, Bangladesh Sangbad Sangstha, a rapporté que le ministre de l’Intérieur, Salahuddin Ahmed, avait averti que l’essor rapide des jeux de hasard en ligne constituait désormais une préoccupation majeure pour le gouvernement, compte tenu notamment de leur popularité croissante auprès des jeunes.

Les lois existantes « ne permettent pas »

Les autorités estiment que le cadre réglementaire actuel en matière de jeux de hasard n’est plus en mesure de réguler les plateformes de paris en ligne qui se sont rapidement multipliées à travers le pays ces dernières années. Bien que le Bangladesh interdise depuis longtemps la plupart des formes de jeux de hasard traditionnels, l’ancienne loi a été rédigée plusieurs décennies avant même l’apparition des jeux de hasard en ligne, ce qui a créé une zone d’ombre juridique autour des sites de paris offshore et des plateformes de paris en ligne.

Les responsables souhaitent désormais un cadre plus clair et plus moderne qui vise directement les activités de jeux de hasard en ligne. Le gouvernement prépare également une campagne nationale coordonnée de répression parallèlement au projet de loi. Plusieurs services chargés de l’application de la loi devraient participer à cette campagne de répression, qui visera à la fois les établissements de jeux de hasard physiques et les réseaux de paris en ligne.

Le ministère de l’Intérieur aurait qualifié la nouvelle approche de « tolérance zéro ». La question a récemment fait l’objet d’une attention politique renouvelée après que des inquiétudes ont été exprimées au Parlement concernant la propagation croissante des jeux de hasard chez les jeunes. Les responsables ont également averti que les réseaux de jeux de hasard sont de plus en plus liés à d’autres formes de criminalité organisée, notamment les réseaux liés au trafic de drogue et les activités financières illégales.

Législation en vigueur en matière de cybersécurité

Afin de renforcer ses pouvoirs de répression, le Bangladesh a précédemment adopté l’ordonnance de 2025 sur la cybersécurité, qui prévoit des sanctions directes pour les infractions liées aux jeux de hasard en ligne. En vertu de cette loi, les personnes prises en flagrant délit d’exploitation ou de promotion de plateformes de jeux de hasard illégales s’exposent à une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison, ainsi qu’à de lourdes amendes.

Malgré ces mesures, les autorités estiment désormais que les efforts de répression n’ont pas été suffisants pour freiner l’expansion du secteur. La prochaine vague de répression devrait se concentrer principalement sur les réseaux financiers soutenant les transactions liées aux jeux de hasard illégaux. Des enquêtes menées précédemment par le Département des enquêtes criminelles du Bangladesh auraient permis d’identifier plus de 1 000 agents présumés impliqués dans la facilitation de paiements et de transferts d’argent liés aux jeux de hasard.

Ces conclusions ont ensuite été transmises à la Banque du Bangladesh, qui collabore depuis avec les institutions financières pour surveiller les transactions suspectes et bloquer les activités financières liées aux jeux de hasard.

Selon les responsables, les jeux de hasard en ligne ont connu une croissance rapide en raison de la facilité d’accès aux smartphones, des systèmes de paiement numériques et de la popularité croissante des plateformes de paris offshore opérant hors de la portée réglementaire du Bangladesh.

Les autorités souhaitent désormais exercer un contrôle plus strict sur le secteur avant que les paris en ligne ne se développent encore davantage à travers le pays. Si elle est adoptée, cette nouvelle législation constituerait l’un des plus importants changements de politique en matière de jeux de hasard au Bangladesh depuis des décennies, alors que les gouvernements d’Asie du Sud continuent de faire face à l’essor rapide des plateformes de paris en ligne et aux préoccupations concernant l’exposition des jeunes, la criminalité financière et la sécurité numérique.

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