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Rapport de marché SiGMA Africa : les marchés réglementés représentent 85 % des revenus de l'iGaming

Jenny Ortiz-Bolivar
Rédigé par Jenny Ortiz-Bolivar
Traduit par Tarik Taloufate

Le paysage africain de l’iGaming est de plus en plus défini par des juridictions réglementées qui sont devenues les principaux moteurs de croissance du continent. Le rapport de marché SiGMA Africa 2026, qui s’appuie sur les données du fournisseur d’informations commerciales Blask couvrant la période de février 2025 à janvier 2026, montre que les marchés réglementés représentent désormais la part prépondérante de l’engagement et des revenus sur le continent.

Ces juridictions établies représentent environ 80 à 85 % du chiffre d’affaires total estimé et 85 à 90 % de l’engagement mesurable des consommateurs. Si l’intérêt ne cesse de croître au-delà des frontières, la capacité à transformer cet intérêt en chiffre d’affaires reste l’apanage de quelques « piliers structurels ».

Le classement des revenus

Le rapport met en évidence la manière dont différents pays africains monétisent leur secteur des jeux, l’Afrique du Sud se positionnant comme le leader incontesté du continent. Avec un chiffre d’affaires mensuel estimé à 215,6 millions de dollars, l’Afrique du Sud réalise plus du triple du chiffre d’affaires de son concurrent le plus proche.

Parmi les dix premiers marchés en termes de revenus mensuels estimés, on trouve la Tanzanie, le Nigeria, le Mozambique, le Kenya, la République démocratique du Congo, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Cameroun et la Zambie. Dans cette liste, seule l’Éthiopie dispose d’un marché de l’iGaming non réglementé.

Afrique du Sud : le point de référence opérationnel mature

Le leadership de l’Afrique du Sud s’explique par la maturité de son écosystème, où la forte pénétration d’Internet et un cadre réglementaire structuré permettent de convertir efficacement la demande en revenus. Contrairement aux marchés émergents du continent, où l’engagement dépasse souvent la monétisation, l’Afrique du Sud affiche un équilibre rare entre l’échelle et l’efficacité des revenus.

Au-delà de ses propres frontières, l’Afrique du Sud sert de référence opérationnelle pour le reste de l’Afrique. Selon les experts, les opérateurs qui s’étendent dans les territoires voisins utilisent fréquemment les normes de conformité, les techniques de localisation des produits et les stratégies de marketing sud-africaines comme référence. La région de l’Afrique australe, guidée par ce pilier, représente actuellement la plus grande part de la valeur totale de l’iGaming en Afrique. 

Nigeria : le moteur à haut rendement de l’Afrique de l’Ouest

Le Nigeria est le premier moteur de revenus en Afrique de l’Ouest, se classant deuxième au classement général avec des revenus mensuels maximaux dépassant 67 millions de dollars. Bien que le niveau d’engagement des utilisateurs soit environ deux fois moins élevé qu’en Afrique du Sud, la monétisation du Nigeria reste proportionnellement forte.

Cette efficacité s’explique par une population importante et une adoption rapide du numérique. Les structures réglementaires au Nigeria ont suffisamment mûri pour permettre aux opérateurs agréés de capter une part importante du potentiel du marché, positionnant le pays comme le deuxième « pilier structurel » de l’économie africaine de l’iGaming. 

Le corridor de croissance de l’Afrique de l’Est

En Afrique de l’Est, la Tanzanie et le Kenya ont formé un puissant bloc régional qui rivalise avec les marchés individuels plus importants. Selon les données de Blask, la Tanzanie a enregistré un chiffre d’affaires mensuel record dépassant les 42 millions de dollars, tandis que le Kenya a maintenu un chiffre d’affaires stable supérieur à 35 millions de dollars.

Ces deux pays bénéficient d’une culture bien établie des paris et d’une infrastructure mobile solide. Ces marchés se caractérisent par un comportement de pari axé sur le mobile et une forte culture des paris sportifs, ce qui renforce l’importance des solutions de paiement localisées. Ensemble, la Tanzanie et le Kenya représentent un corridor de croissance majeur pour le continent, où la stabilité et les cadres réglementaires garantissent une demande constante.

Les paiements et la confiance comme moteurs de revenus

Le rapport souligne qu’un engagement élevé ne se traduit pas automatiquement par des revenus. Dans un entretien exclusif avec SiGMA News, Peter Emolemo Kesitilwe, PDG de l’African iGaming Alliance, note que la réglementation et les infrastructures de paiement sont les principaux moteurs de la croissance sur le continent. « La réglementation crée une sécurité juridique, renforce la confiance des consommateurs et attire des investissements sérieux à long terme », a déclaré Kesitilwe.

Zeena Rossouw, fondatrice de Legends Management & Gaming Solutions, identifie les paiements comme la « porte d’entrée vers les revenus », soulignant que la conversion stagne si les joueurs ne peuvent pas déposer ou retirer des fonds facilement. Aso Obinna, PDG de Select Punters-Nigeria, ajoute que le leadership de marchés tels que l’Afrique du Sud n’est pas le fruit du hasard : « Les structures sont plus claires, l’orchestration des paiements fonctionne et les opérateurs comprennent le système ».

La voie vers 2030 : vers un modèle multi-pôles

Les leaders et les acteurs de l’industrie prévoient un changement structurel, passant d’une concentration sur un marché unique à un « modèle multi-pôles ». Dans ce cadre, l’Afrique du Sud devrait rester le pôle de la réglementation et de la conformité, le Nigeria celui de l’échelle, le Kenya celui de l’innovation mobile et l’Égypte celui de la croissance future.

Si la domination des marchés matures devrait persister à court terme, les experts prévoient un « rééquilibrage significatif » au cours des cinq prochaines années, à mesure que davantage de pays africains officialisent leurs procédures d’octroi de licences et mettent en place des systèmes de paiement locaux.

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