Skip to content

L'industrie des jeux de hasard au Kenya à un tournant : rapport

Jefferson Mendoza
Rédigé par Jefferson Mendoza
Traduit par Tarik Taloufate

Le rapport de NEXT.io sur le Kenya décrit comment le pays connaît actuellement sa plus importante transformation depuis des décennies. Autrefois marqué par la volatilité et des revirements politiques soudains, le secteur des jeux de hasard du pays entre désormais dans une ère axée sur le numérique, façonnée par une réglementation de grande envergure, une confiance croissante des investisseurs et une clientèle de plus en plus mature.

Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, le Kenya a réécrit sa législation sur les jeux de hasard. Selon l’Autorité de régulation des jeux de hasard du Kenya (GRAK), celle-ci supervise désormais l’octroi des licences, la publicité et le jeu responsable. D’ici juillet 2026, toutes les licences passeront au nouveau cadre réglementaire, avec des prolongations pouvant aller jusqu’à trois ans, offrant ainsi une plus grande stabilité.​

Les réformes introduisent des règles de conformité plus strictes, des seuils de capital plus élevés et un système centralisé d’auto-exclusion. Comme l’a déclaré un expert juridique à NEXT.io : « Dans le cadre actuel, il était possible d’obtenir une licence avec moins de 20 000 dollars. Avec les nouvelles exigences, ce chiffre a, dans certains cas, grimpé à plus de 20 millions de dollars. »

Avec cette mesure, les petits opérateurs pourraient être évincés, ouvrant la voie à de nouveaux entrants plus importants et mieux capitalisés.

Taille et structure du marché

Le Kenya se classe au troisième rang des marchés des jeux de hasard en Afrique, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria. Les estimations du produit brut des jeux de hasard (PBJ) varient entre 500 millions et 1 milliard de dollars par an, ce qui souligne l’ampleur du marché. Avec environ 8 millions de joueurs actifs, les niveaux d’engagement comptent parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne.

L’un des principaux moteurs est le pari « mobile-first », qui est propulsé par l’écosystème de paiement mobile du pays. De plus, des marques telles que Betika, GameMania et Odibets, toutes basées localement, contrôlent près de la moitié du marché. Parallèlement, des opérateurs internationaux tels que SportPesa, BetPawa et MozzartBet sont déjà présents dans le pays.

Contrairement à d’autres marchés africains où les agences de paris dominent, les paris en agence occupent la deuxième place au Kenya.

La confiance des investisseurs revient

Le pays ayant mis en place des règles plus claires et allongé la durée des licences, l’intérêt des investisseurs s’est ravivé. D’une part, les fusions et acquisitions devraient améliorer le paysage concurrentiel. Mais des défis subsistent. Des projets de réglementation sont proposés, qui exigent une participation kenyane de 30 % et la mise en place de systèmes de surveillance en temps réel. Ces mesures pourraient ralentir la mise en œuvre, tandis qu’un déploiement progressif pourrait être envisagé.

De plus, le Groupe d’action financière (GAFI) a placé le Kenya sur sa liste grise en 2024, ce qui soulève des inquiétudes quant au respect des normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

Défis stratégiques

Même si la situation actuelle est porteuse d’espoir, le marché national des jeux de hasard reste difficile d’accès. Des règles publicitaires strictes, des opérateurs bien implantés et des coûts cachés constituent autant d’obstacles pour les nouveaux venus. Mais la réussite reste possible lorsqu’on s’appuie sur une bonne connaissance du terrain, des partenariats solides et des produits adaptés aux consommateurs privilégiant le mobile.

Les experts de l’industrie ont toutefois mis en garde contre une dépendance excessive aux paris sportifs. Des formats alternatifs, tels que les jeux crash, gagnent en popularité. Ils ont mis en lumière l’évolution des préférences des consommateurs. Selon une source de NEXT.io, celle-ci a fait remarquer que : « La simplicité l’emporte. Si l’expérience n’est pas fluide, les utilisateurs ne resteront pas. »

Perspectives

Le secteur des jeux de hasard au Kenya met en évidence à la fois sa croissance et son statut de terrain d’expérimentation. Alors que les jeux de casino devraient connaître une expansion significative, les paris sportifs restent dominants. Ils sont toutefois complétés par de nouveaux formats.

Le rapport souligne également l’incertitude budgétaire qui continue de planer. D’une part, le projet de loi de finances 2026 prévoit notamment le rétablissement d’une retenue à la source de 20 % sur les gains des joueurs. Cela pourrait réintroduire de la volatilité sur un marché qui vient tout juste de se stabiliser.​

Pour les investisseurs et les opérateurs, le Kenya offre des opportunités, mais uniquement à ceux qui sont prêts à s’adapter à l’évolution de ses règles et de ses réalités.

Ne vous contentez pas de lire l’actualité, prenez-la de front. Abonnez-vous ICI au Top 10 des actualités de SiGMA pour découvrir les articles qui façonnent l’avenir de l’iGaming, les analyses hebdomadaires de la plus grande communauté mondiale de l’iGaming et des offres exclusives réservées aux abonnés.