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Le marché grec des jeux de hasard dépasse les 3 milliards d'euros alors que la croissance du secteur en ligne s'accélère

Tony Colapinto
Rédigé par Tony Colapinto
Traduit par Tarik Taloufate

Le marché grec des jeux de hasard réglementés poursuit son expansion et entre dans une nouvelle phase de développement où les jeux en ligne, l’innovation technologique et la protection des joueurs devraient jouer un rôle de plus en plus central. En 2025, le produit brut des jeux (PBJ) a atteint 3,073 milliards d’euros, soit une hausse de 6,74 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre figure dans le rapport annuel publié par la Commission hellénique des jeux (EEEP).

Le document a été présenté par le président de l’Autorité, Antonis Vartholomaios, au président du Parlement hellénique, Nikitas Kaklamanis. Le rapport retrace les activités de la Commission au cours de l’année 2025 et expose les principales priorités stratégiques qui guideront le régulateur jusqu’en 2030.

La croissance du numérique dépasse celle du marché terrestre

Le marché grec conserve une forte composante terrestre, mais les chiffres confirment une transition progressive vers les canaux numériques. En 2025, les jeux terrestres représentaient 61,2 % du PBJ total, tandis que le segment en ligne en représentait 38,79 %. Les jeux en ligne ont été le segment à la croissance la plus rapide, avec une hausse de 11,75 % des revenus d’une année sur l’autre, contre une progression de 3,8 % pour le secteur terrestre.

L’écart entre les deux segments reste important, mais le rythme de progression du marché en ligne montre que les habitudes des consommateurs évoluent. Les plateformes numériques prennent une importance croissante, non seulement en matière de mises et de revenus, mais également dans le cadre fiscal et réglementaire du marché.

Selon le rapport, 54,5 % des adultes grecs ont participé à au moins une forme de jeu de hasard en 2025. Les personnes âgées de 25 à 34 ans et celles de 45 à 54 ans étaient particulièrement représentées dans les jeux en ligne par rapport à leur poids dans la population générale, en partie grâce à leur plus grande familiarité avec les technologies et les plateformes numériques.

Les recettes publiques approchent 1,17 milliard d’euros

La croissance du secteur a également eu un impact significatif sur les finances publiques. En 2025, les recettes générées par le marché des jeux de hasard pour l’État grec ont atteint environ 1,169 milliard d’euros, soit une augmentation de 11,24 % par rapport à 2024. La plus grande part provenait des opérateurs de jeux en ligne, qui représentaient 63,05 % des recettes publiques totales du secteur. OPAP a contribué à hauteur de 27,95 %, les casinos terrestres de 5,28 %, tandis que les autres opérateurs agréés représentaient les 3,72 % restants.

L’EEEP a également enregistré 3,25 millions d’euros de recettes provenant des versements effectués par les opérateurs en ligne agréés au titre des frais de licence d’exploitation. Ces chiffres confirment que le segment numérique est devenu essentiel à la viabilité économique du système réglementé. Son expansion accroît toutefois la nécessité de mettre en place des contrôles plus rapides et plus sophistiqués, notamment en matière de protection des consommateurs, de traçabilité des transactions et de lutte contre le blanchiment d’argent.

La stratégie de l’EEEP pour 2026-2030

L’Autorité a qualifié 2025 d’année de préparation stratégique. L’EEEP a établi son plan de développement pour la période 2026-2030, structuré autour de sept priorités principales. Celles-ci comprennent la protection des joueurs et la promotion du jeu responsable, le renforcement de la supervision, le soutien aux investissements et à l’innovation, les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent, la transformation numérique de l’Autorité, une plus grande transparence et le développement de la coopération internationale.

Lors de la présentation du rapport, Nikitas Kaklamanis a souligné la nécessité de renforcer la protection des mineurs et des catégories les plus vulnérables de la société. Le président du Parlement a également insisté sur l’importance d’intensifier la lutte contre les jeux de hasard et les paris illégaux. Antonis Vartholomaios, de son côté, a mis en avant la nécessité de renforcer le rôle institutionnel de l’EEEP dans un marché en pleine évolution. Le rapport sera désormais soumis à la Commission parlementaire des institutions et de la transparence pour un examen approfondi.

L’intelligence artificielle et une supervision fondée sur les données

L’un des éléments centraux de la nouvelle stratégie repose sur l’utilisation des technologies numériques et de l’intelligence artificielle afin de renforcer les capacités de surveillance du marché par l’Autorité. L’EEEP prévoit d’intégrer des outils avancés d’analyse de données, des systèmes RegTech et SupTech, ainsi que de nouvelles infrastructures informatiques. L’objectif est d’améliorer l’efficacité des contrôles de conformité, d’identifier les anomalies et les comportements potentiellement à risque, tout en renforçant la prévention du jeu problématique.

Le régulateur entend ainsi évoluer vers un modèle de supervision de plus en plus fondé sur les données, capable de détecter les signaux de risque à un stade précoce et de réagir plus rapidement aux évolutions du secteur. La Commission a déjà développé son propre entrepôt de données dédié au marché des jeux de hasard. En 2025, ce projet a reçu un Silver Award dans la catégorie « Best Use of Data » lors des BITE Awards, récompensant l’accent croissant mis par l’Autorité sur l’utilisation structurée des données dans la supervision du secteur.

Les jeux de hasard illégaux restent un défi majeur

Le rapport aborde également le marché non autorisé. Selon les données, 10,6 % de la population grecque aurait participé à au moins une forme de jeu de hasard illégal en 2025. Le phénomène semble particulièrement répandu en ligne. Parmi les personnes concernées, 70,5 % ont déclaré avoir utilisé des sites illégaux, tandis que 56,4 % avaient fréquenté des établissements terrestres non autorisés.

Les principales raisons invoquées pour recourir à ces plateformes non autorisées étaient la disponibilité de cotes ou de bonus jugés plus attractifs ainsi que l’absence, ou l’application moins stricte, des procédures de vérification d’identité. La lutte contre cette offre illégale constituera donc l’un des domaines sur lesquels l’EEEP devra concentrer ses ressources. La croissance du marché réglementé ne fait pas automatiquement disparaître la demande pour les opérateurs non agréés, notamment lorsque ceux-ci proposent des conditions commerciales agressives ou appliquent des contrôles moins rigoureux.

De nouvelles règles pour l’auto-exclusion, les fournisseurs B2B et les studios de casino en direct

Les priorités des prochaines années comprennent également une révision des règles relatives au jeu responsable ainsi qu’une mise à jour des procédures d’auto-exclusion des joueurs. L’objectif est de rendre les outils de protection plus efficaces et mieux adaptés à un marché où les joueurs peuvent accéder à de nombreuses plateformes et produits depuis différents appareils.

L’Autorité prévoit également de développer un cadre réglementaire spécifique pour les fournisseurs technologiques B2B et les studios de casino en direct. Ces segments jouent un rôle de plus en plus important dans l’écosystème numérique des jeux de hasard, en fournissant aux opérateurs des logiciels, des plateformes, des contenus, des systèmes de paiement et des infrastructures destinés aux consommateurs finaux. Le projet prévoit également une mise à jour du cadre réglementaire couvrant l’intelligence artificielle, le big data, la réalité virtuelle, l’esport, les loot boxes et les nouvelles formes de divertissement numérique.

Cet article a été publié pour la première fois sur la page italienne de SiGMA News le 16 juillet 2026.

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