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Matchs truqués en Italie : l'ADM et le CONI s'accordent sur de nouvelles lignes directrices

Manfredi Bertelli
Rédigé par Manfredi Bertelli
Traduit par Tarik Taloufate

Une nouvelle étape a été franchie dans la lutte contre le trucage de matchs en Italie. L’Agence italienne des douanes et des monopoles (ADM) et le Bureau du procureur général du sport du Comité national olympique italien (CONI) ont signé un document commun établissant de nouvelles lignes directrices opérationnelles afin d’accélérer et de structurer les actions visant à lutter contre la manipulation des compétitions sportives. Cet accord porte sur la surveillance des paris, l’identification des personnes impliquées et la coopération avec les bureaux des procureurs fédéraux.

Cette évolution ne concerne ni un match en particulier ni une nouvelle affaire de trucage, mais l’organisation du dispositif permettant de signaler, d’analyser et de transmettre aux instances de justice sportive les situations potentiellement suspectes. Elle renforce ainsi la coopération entre l’autorité chargée de superviser le secteur des paris en Italie et les organismes responsables des enquêtes sur d’éventuelles infractions commises par des athlètes, dirigeants, entraîneurs ou toute autre personne appartenant au système sportif.

Comment fonctionnera le nouvel échange d’informations

Le nouveau mécanisme de coopération est défini dans les lignes directrices opérationnelles signées par l’ADM et le Bureau du procureur général du sport du CONI. Elles précisent les modalités, les délais et le contenu des échanges d’informations en cas d’anomalies potentielles liées aux paris sportifs.

Lorsque les systèmes de surveillance de l’ADM détectent une activité de paris inhabituelle liée à un événement donné, les informations sont transmises au Bureau du procureur général du sport. Celui-ci peut alors demander des renseignements complémentaires sur les paris et les comptes concernés afin de déterminer s’ils sont directement ou indirectement liés à des personnes appartenant aux fédérations sportives ou qui leur sont affiliées.

Les informations peuvent également inclure les données personnelles des titulaires de comptes ainsi que des éléments établissant un lien entre des transactions suspectes et des personnes impliquées dans le monde du sport. Une fois les documents reçus, le Bureau du procureur général du sport les transmet au bureau du procureur de la fédération concernée. Le procureur fédéral peut alors décider d’ouvrir une procédure disciplinaire sur la base d’informations plus précises concernant l’événement faisant l’objet de l’enquête et les personnes susceptibles d’y être impliquées.

La procédure peut également être engagée lorsque le signalement initial ne provient pas directement de l’ADM. Lorsqu’un bureau de procureur fédéral ouvre une enquête à partir d’un signalement qualifié transmis par un autre organisme, il peut demander à l’Agence de vérifier si des flux de paris inhabituels ont été enregistrés en lien avec l’événement concerné.

Davantage de technologie pour lutter contre le trucage de matchs

Ce nouveau dispositif devrait réduire le délai entre la détection d’une activité de paris suspecte et le lancement d’une enquête interne par les autorités sportives. Une hausse soudaine des mises ou un schéma de paris inhabituel ne constitue pas, à lui seul, une preuve de trucage de match. En revanche, un meilleur accès à des données partagées pourrait permettre aux autorités de déterminer plus rapidement si cette activité est normale ou si elle justifie des investigations complémentaires.

La technologie constitue un autre pilier de cette nouvelle approche. L’ADM indique qu’elle développe des outils reposant sur l’intelligence artificielle afin d’améliorer l’analyse et la surveillance des données relatives aux paris sportifs. Ces outils sont destinés à détecter des schémas récurrents, des activités inhabituelles et d’éventuels liens entre les comptes de paris, les événements sportifs et les personnes impliquées.

La signature de ces lignes directrices représente avant tout une avancée organisationnelle. Elle ne crée pas une nouvelle infraction pénale et ne se rapporte à aucune affaire particulière de trucage de match. Elle établit en revanche des procédures, des responsabilités et des canaux de communication plus clairs entre l’ADM, le Bureau du procureur général du sport et les bureaux des procureurs des différentes fédérations. L’objectif est d’améliorer la coordination, de renforcer la prévention du trucage de matchs et de préserver l’intégrité ainsi que la crédibilité des compétitions sportives.

Cet article a été publié à l’origine sur la version italienne de SiGMA News le 29 juillet 2026.

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