PlayCity, le régulateur ukrainien des jeux de hasard, a lancé la phase pilote de son système national de surveillance en ligne (DSOM), une plateforme centralisée conçue pour suivre l’activité des joueurs et des opérateurs sur l’ensemble du marché des jeux de hasard agréés. Cette initiative vise à renforcer la surveillance, à améliorer le respect des obligations fiscales et à accélérer la numérisation à l’échelle nationale de la supervision des jeux de hasard.
Onze opérateurs agréés ont déjà rejoint la plateforme à titre expérimental. Le DSOM regroupe les activités de paris en temps quasi réel, en enregistrant les actions clés telles que les mises, les retours et les gains. Pour chaque transaction, il attribuera un identifiant unique et inviolable afin de garantir l’intégrité du système et d’empêcher toute manipulation.
Conçu pour traiter jusqu’à 10 000 transactions par seconde, DSOM est pensé pour évoluer. De plus, les autorités soulignent que le système ne collecte pas de données personnelles sur les joueurs et ne suit pas les fonds une fois qu’ils ont quitté l’environnement des jeux de hasard.
Contrôle et fiscalité
PlayCity a souligné que le DSOM offrira aux régulateurs une vue d’ensemble des opérations du marché. Le Service fiscal de l’État utilisera ces données pour calculer le produit brut des jeux (PBJ) et les taxes associées, notamment les prélèvements militaires et l’impôt sur le revenu des personnes physiques.
Selon les autorités, le DSOM prévoit de combler les lacunes fiscales. Cela garantira des calculs précis du GGR et attirera les investissements étrangers grâce à une plus grande transparence. Des estimations antérieures indiquent que le système pourrait générer des centaines de millions de hryvnias par an pour le budget de l’État. Il s’agit d’un coup de pouce essentiel face à la pression budgétaire en temps de guerre.
Toutefois, l’intégration est essentielle pour que les opérateurs puissent se connecter via une API, ce qui pourrait accroître le nombre d’investissements liés à la conformité. Mais les petites entreprises pourraient avoir du mal à suivre le rythme. À ce jour, le DSOM s’est concentré sur la fiscalité plutôt que sur le jeu responsable. Sans une évolution vers la surveillance des comportements, les coûts sociaux pourraient perdurer.
En ce qui concerne les interfaces, deux seront disponibles. La première est interne, destinée aux agences de régulation de l’État, tandis que la seconde est orientée vers les opérateurs de jeux de hasard. Les opérateurs nouvellement agréés seront ajoutés dans un délai d’un jour ouvrable.
Les nouvelles règles d’octroi de licence imposent que tous les paiements autres qu’en espèces soient traités par des banques ukrainiennes. Un encaissement est obligatoire pour chaque transaction. De plus, les joueurs ne peuvent utiliser qu’un seul compte personnel et un seul compte bancaire, ce qui, selon le cabinet d’avocats ukrainien Sayenko Kharenko, empêche les dépôts ou retraits par des tiers en vertu de la législation ukrainienne.
Contexte réglementaire
Les jeux de hasard ont été légalisés en Ukraine en 2020. PlayCity est devenue l’autorité de régulation après la dissolution, en avril 2024, de la Commission de régulation des jeux de hasard et des loteries (KRAIL) en raison de retards dans l’octroi des licences.
Ce programme pilote fait suite au lancement par PlayCity d’un système de signalement en ligne visant à accélérer le traitement des plaintes concernant la publicité illégale pour les jeux de hasard. La semaine dernière, un Tribunal de Kiev a condamné trois hommes pour avoir exploité une activité de jeux de hasard illégale sous le couvert d’une entreprise légitime, soulignant ainsi l’urgence de mettre en place des mécanismes de surveillance plus stricts.
According to @H2Gamble black market betting has surged to £16.6bn, more than tripling since 2019 and doubling in just the past two years.
— Betting and Gaming Council (@BetGameCouncil) May 8, 2026
What we are seeing is a harmful black market scaling up at pace.
At the same time, growing evidence around Financial Risk Assessments shows…
Alignement global
Le DSOM ukrainien s’inscrit dans la tendance mondiale croissante à la réglementation des jeux de hasard. Comparée à des marchés matures comme le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, l’Ukraine en est encore à ses balbutiements et se concentre principalement sur la conformité fiscale et l’intégrité plutôt que sur la protection globale des joueurs, comme le soulignent les médias.
De plus, les experts mettent en lumière l’évolution potentielle du DSOM vers un outil de protection des joueurs, intégrant des registres d’exclusion ou des mécanismes de détection des jeux de hasard compulsifs. Cependant, l’absence de mesures de protection pourrait accroître les risques et faire considérer ce système comme un dispositif axé sur la fiscalité plutôt que comme un cadre réglementaire complet.
Sur les marchés matures, la surveillance des transactions s’accompagne de plus en plus de mesures de jeu responsable, une approche que l’Ukraine pourrait adopter lors de phases futures.
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