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Un tribunal kenyan suspend l'application des nouvelles règles concernant les jeux de hasard à la suite d'un recours judiciaire

Anchal Verma
Rédigé par Anchal Verma
Traduit par Tarik Taloufate

La Haute Cour du Kenya a suspendu l’application du Règlement relatif au contrôle des jeux de hasard (octroi de licences), 2026, interrompant temporairement le nouveau cadre de délivrance des licences dans le pays, le temps d’examiner un recours en révision judiciaire contestant la légalité de ces règles. La décision, rendue par le juge W. Musyoka, suspend l’application du règlement jusqu’à ce que la justice statue sur l’affaire.

La justice suspend le nouveau cadre de délivrance des licences

Le Règlement relatif au contrôle des jeux de hasard (octroi de licences), 2026 s’inscrit dans la vaste réforme des jeux de hasard engagée au Kenya dans le cadre de la Loi sur le contrôle des jeux de hasard, 2025. Ce règlement a été signé par le Premier secrétaire du Cabinet, Musalia Mudavadi, le 29 juin 2026, publié le 30 juin et est entré en vigueur le 3 juillet. Il instaure un nouveau système de délivrance des licences placé sous l’autorité de la Autorité de régulation des jeux de hasard (GRA), qui remplace l’ancienne Commission de contrôle et d’octroi des licences des jeux.

Le recours a été déposé par Thomas Buckley Opar Owuor et Ken Brance. Les défendeurs comprennent le Premier secrétaire du Cabinet Musalia Mudavadi, la Gambling Regulatory Authority ainsi que le procureur général. L’Association des opérateurs de jeux du Kenya (AGOK) et Safaricom PLC sont intervenus dans la procédure en tant que parties intéressées.

Les requérants soutiennent que ce règlement est illégal et qu’il ne devrait pas être appliqué tant que le tribunal n’aura pas statué sur sa validité.

Les frais de licence et les redevances publicitaires contestés

L’un des principaux points du litige concerne la forte augmentation des frais de licence introduite par le nouveau règlement.

Selon la requête déposée devant le tribunal, plusieurs frais de licence ont augmenté de 200 % à près de 50 000 %. Les frais de renouvellement de licence pour les opérateurs de paris terrestres sont ainsi passés de 5 000 shillings kényans (38,60 dollars) à 2,5 millions de shillings (19 298 dollars), tandis que les opérateurs de paris en ligne et les casinos doivent désormais s’acquitter de 50 millions de shillings kényans (385 950 dollars) pour obtenir une licence.

Le règlement instaure également une redevance d’approbation de 6 % sur les budgets consacrés à la publicité des jeux de hasard.

Les requérants estiment que ces changements imposent une charge financière considérable aux opérateurs agréés et pourraient affecter l’ensemble du secteur.

Les requérants remettent en cause la procédure de consultation

Le recours conteste également la procédure ayant conduit à l’adoption du règlement.

Les requérants affirment que le gouvernement n’a pas organisé une consultation publique suffisante avant de finaliser le texte. Ils soutiennent que les parties prenantes n’ont pas été correctement consultées et que l’étude d’impact réglementaire jointe ne montre pas clairement comment les observations du public ont été recueillies ni prises en compte.

La requête s’interroge également sur la publication de cette étude afin de recueillir les commentaires du public et sur la question de savoir si les contributions des parties prenantes ont été dûment documentées avant l’adoption du règlement.

Le pouvoir d’adopter le règlement également contesté

Une autre question soumise au tribunal porte sur l’autorité légalement habilitée à signer ce règlement.

Les requérants soutiennent que le Loi sur le contrôle des jeux de hasard confie la responsabilité de l’élaboration des règlements relatifs aux jeux de hasard au secrétaire du Cabinet chargé du secteur. Selon eux, aucune disposition constitutionnelle ou législative n’autorise le Premier secrétaire du Cabinet, Musalia Mudavadi, à adopter ce règlement.

Dans le cadre de la procédure en révision judiciaire, le tribunal examinera si le règlement a bien été adopté par l’autorité compétente.

L’application du règlement reste suspendue

L’ordonnance de la Haute Cour interdit également à la Autorité de régulation des jeux de hasard de mettre en œuvre les directives imposant aux fournisseurs de services de paiement mobile, notamment Safaricom et Airtel, de suspendre leurs services de paiement aux opérateurs qui ne respecteraient pas les dispositions contestées.

Les requérants disposent désormais de 14 jours pour déposer leur requête principale en révision judiciaire. L’affaire reviendra devant le tribunal le 21 septembre 2026 afin de recevoir de nouvelles instructions.

D’ici là, le Règlement relatif au contrôle des jeux de hasard (octroi de licences), 2026 restera suspendu, laissant en suspens le nouveau cadre de délivrance des licences de jeux de hasard au Kenya jusqu’à ce que la justice statue sur le recours.

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