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La croissance du secteur de l'iGaming en Asie stimule la demande en matière de conformité réglementaire

Rajashree Seal
Rédigé par Rajashree Seal
Traduit par Tarik Taloufate

Le marché asiatique des jeux de hasard en ligne fait l’objet d’une réglementation de plus en plus stricte, les gouvernements renforçant leur approche en matière de conformité, de surveillance et d’application de la loi. Au cours des dernières années, plusieurs pays ont mis en place de nouvelles mesures réglementaires qui redéfinissent le mode de fonctionnement des entreprises du secteur des jeux de hasard et de l’iGaming dans toute la région.

La situation dans la région reste contrastée. Alors que certains pays s’appuient sur une application plus stricte des réglementations actuelles, souvent obsolètes, d’autres mettent en place des réglementations spécifiques. Des réformes ont été proposées mais n’ont pas été mises en œuvre sur un certain nombre de marchés, laissant les opérateurs face à un paysage réglementaire fragmenté. Dans ce contexte, la certification, souvent selon des normes internationales, s’impose comme un outil puissant pour favoriser la conformité et la cohérence.

Des marchés en pleine transition vers une réglementation structurée

À la suite de l’interdiction des opérateurs de jeux de hasard offshore philippins (POGO), les Philippines ont renforcé la réglementation et les mesures de contrôle dans l’ensemble du secteur des jeux de hasard. Le gouvernement a intensifié ses efforts pour empêcher le retour des opérateurs offshore grâce à une surveillance et une application de la loi plus strictes. Cette initiative s’inscrit également dans le cadre d’efforts plus larges visant à réduire les risques criminels et à renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent ainsi que les contrôles financiers. Dans le même temps, les régulateurs continuent de durcir les règles applicables aux opérateurs de jeux en ligne et aux prestataires de services nationaux en vertu de la loi anti-POGO de 2025, notamment en renforçant les exigences en matière de conformité et de présence locale.

Le Sri Lanka s’est orienté vers une approche réglementaire plus structurée. La loi sur l’Autorité de régulation des jeux de hasard, adoptée en août 2025 et entrée en vigueur le 1er décembre 2025, a créé une autorité centrale chargée de l’octroi des licences, de la fiscalité, de la conformité et de l’application de la loi. L’introduction de l’iGaming réglementé a coïncidé avec le sommet SiGMA South Asia à Colombo, ouvrant la voie à un marché des jeux numériques mieux organisé.

Ces évolutions indiquent une tendance générale vers une supervision globale qui va au-delà de l’octroi de licences pour inclure la surveillance financière, l’intégrité des jeux et l’application de la loi.

Juridictions accordant la priorité à l’application de la réglementation et au contrôle

La Corée du Sud continue d’appliquer une législation stricte en matière de jeux de hasard, une position qui restera inchangée jusqu’en 2026. Les autorités ont intensifié leurs efforts pour lutter contre les jeux de hasard en ligne illégaux, en ciblant particulièrement les réseaux du crime organisé, les opérateurs offshore et les flux financiers associés. Des mesures d’enquête coordonnées et des procédures de signalement renforcées viennent soutenir ces efforts.

Il existe encore peu de casinos terrestres dans le pays, et la plupart d’entre eux sont exclusivement ouverts aux touristes étrangers. Parallèlement, les régulateurs ont étendu leurs mesures de contrôle à l’ensemble de l’écosystème numérique, face aux préoccupations croissantes concernant l’impact social des jeux de hasard en ligne.

Après une forte augmentation du nombre de cas l’année précédente, le Japon a renforcé la répression contre les jeux de hasard en ligne illégaux en 2026. Les mesures de répression ont été étendues aux plateformes publicitaires, aux opérateurs affiliés et aux prestataires de paiement liés à des activités de jeux de hasard illégaux. En avril de cette année, une table ronde gouvernementale a approuvé un projet de proposition visant à bloquer l’accès aux casinos en ligne illégaux, y compris les plateformes offshore, dans le cadre d’efforts plus larges visant à lutter contre les risques liés aux jeux de hasard chez les jeunes utilisateurs. Malgré ces efforts, les jeux de hasard offshore continuent d’exister.

Début 2026, Singapour a renforcé ses contrôles sur les jeux de hasard dans le cadre de sa réglementation. Les mesures de répression ont été élargies pour inclure les sites de pronostics non autorisés, ainsi que des avertissements publics continus sur les dangers des paris illégaux. Parallèlement, des changements à la tête de l’Autorité de régulation des jeux de hasard ont renforcé les fonctions de conformité et de supervision. Les activités de jeux de hasard offshore et en ligne restent toutefois un défi permanent.

Marchés émergents à forte croissance caractérisés par un cadre réglementaire fragmenté

Le secteur des jeux en ligne en Inde s’est orienté vers une réglementation plus stricte, même si le cadre général reste fragmenté. La loi sur la promotion et la réglementation des jeux de hasard en ligne (PROGA), adoptée en 2025, a mis en place une structure nationale, dont les règles ont été publiées en avril 2026 et sont entrées en vigueur le 1er mai. Parallèlement, les législations en matière de jeux de hasard continuent de varier d’un État à l’autre, ce qui empêche une cohérence totale de la réglementation.

L’Asie du Sud-Est ne dispose pas d’une approche cohérente en matière de réglementation des jeux de hasard, ce qui se traduit par un paysage fragmenté. Alors que l’Indonésie et la Malaisie interdisent largement les jeux de hasard, la participation en ligne se poursuit. En 2026, l’Indonésie a renforcé l’application de la loi par le blocage généralisé de sites web, la surveillance financière et des mesures ciblant les plateformes numériques. La Malaisie a continué à faire respecter ses restrictions par des arrestations, des interdictions et des contrôles d’accès.

Le Népal a maintenu une position stricte sur les jeux de hasard, les paris terrestres et en ligne étant interdits par la loi nationale. À la suite d’une décision du Conseil des ministres en mars de cette année, les autorités ont ordonné aux fournisseurs d’accès à Internet de bloquer les sites web et les applications de paris dans les 24 heures suivant cette décision. Plus de 7 000 plateformes ont depuis été fermées dans le cadre de cette campagne de répression.

Le Cambodge a récemment renforcé sa lutte contre les escroqueries liées aux jeux de hasard. Une campagne nationale de répression contre les entreprises de jeux de hasard impliquées dans des escroqueries a abouti à la fermeture de 91 casinos et à plus de 250 descentes dans des réseaux de cybercriminalité. Cette campagne a également conduit à l’expulsion de travailleurs étrangers. En avril 2026, le gouvernement a promulgué une loi anti-fraude visant à alourdir les sanctions et à améliorer les contrôles réglementaires financiers.

Modèles réglementaires axés sur la gestion des risques et la maîtrise

Le cadre réglementaire des jeux de hasard à Hong Kong est resté inchangé en 2026, le modèle de monopole géré par le Hong Kong Jockey Club continuant de dominer le marché. Les efforts visant à étendre les paris réglementés aux paris sur le basket-ball ont été suspendus en avril 2026, malgré l’accord préalable du Parlement, en raison des inquiétudes suscitées par les marchés de prédiction et les activités de jeux de hasard illégaux.

L’industrie des jeux à Macao a connu une reprise régulière au début de l’année 2026, soutenue par un cadre réglementaire strict. Les recettes pour le mois de mars s’élevaient à 2,82 milliards de dollars américains, avec un total de plus de 8,2 milliards de dollars américains pour le premier trimestre. Parallèlement, les autorités de régulation ont agréé 29 promoteurs de jeux pour l’année 2026, tout en maintenant une surveillance financière.

À Taïwan, les jeux de hasard restent strictement réglementés par la législation en vigueur, les activités légales se limitant aux loteries gérées par l’État. Aucun changement réglementaire majeur n’a été introduit en 2026, tandis que les autorités ont continué à cibler les jeux de hasard en ligne offshore par le biais de mesures de blocage, d’enquêtes et de sanctions.

Marchés en transition

Les efforts de la Thaïlande pour mettre en place un cadre réglementaire en matière de jeux de hasard restent au point mort. Le projet de loi sur les complexes de divertissement, approuvé par le Conseil des ministres en janvier 2025 afin de légaliser les casinos au sein de complexes touristiques intégrés, a été retiré en juillet en raison de l’instabilité politique et de l’opposition croissante de l’opinion publique. En 2026, aucune nouvelle législation sur les jeux de hasard n’a été mise en œuvre.

Le cadre réglementaire des jeux de hasard au Vietnam est resté strictement contrôlé entre fin 2025 et 2026. La résolution 08/2025 a renforcé le décret 03/2017 en imposant des conditions d’octroi de licence plus strictes, une surveillance accrue et des contrôles financiers plus rigoureux. Bien que le programme pilote autorisant une participation limitée aux casinos locaux reste en vigueur, la plupart des activités de jeux de hasard en ligne sont toujours interdites.

Au Bangladesh, les autorités ont renforcé la répression contre les jeux de hasard en ligne à la suite d’une directive du Tribunal en avril 2025 demandant des enquêtes sur leur promotion et leur fonctionnement. Le 1er mai 2026, le gouvernement a réitéré sa position de tolérance zéro lors de débats parlementaires. Les mesures ont notamment consisté à bloquer les plateformes numériques, à restreindre les transactions financières et à procéder à des arrestations en vertu de la législation en vigueur.

Un paysage régional fragmenté

Contrairement à l’Europe, où de nombreuses juridictions évoluent dans un cadre réglementaire plus harmonisé, le marché asiatique des jeux de hasard reste très fragmenté. Alors que certains pays renforcent les contrôles ou reportent leurs réformes, d’autres mettent en place de nouveaux cadres d’octroi de licences et des organismes de régulation chargés de superviser les opérateurs. Parallèlement, la demande en matière de jeux de hasard en ligne continue de croître : selon les estimations pour 2025, le marché de la région Asie-Pacifique devrait dépasser les 20 milliards de dollars américains, ce qui complique encore davantage la tâche des opérateurs présents dans plusieurs juridictions.

Le rôle de la certification dans la gestion de la complexité réglementaire

Alors que les cadres réglementaires évoluent à des rythmes différents, la certification prend de plus en plus d’importance sur l’ensemble des marchés. Elle garantit des normes techniques et opérationnelles cohérentes dans des environnements réglementaires fragmentés. Sur les marchés réglementés plus matures, elle favorise la conformité aux exigences relatives à l’intégrité des systèmes, à l’équité des jeux et à la surveillance financière.

Abordant l’évolution du paysage réglementaire en Asie, Zuhair Rizvi, directeur chez Gaming Associates, a déclaré à SiGMA World que la conformité aux exigences locales restait essentielle pour les opérateurs de jeux.

Rizvi a déclaré : « À travers l’Asie, les modèles réglementaires évoluent à des rythmes différents, mais une attente commune reste claire : le respect des exigences réglementaires locales est essentiel pour une gestion efficace des opérations de jeux. »

Il a ajouté : « Si la certification joue un rôle important dans le renforcement de la confiance dans l’équité, la sécurité, l’intégrité et la crédibilité opérationnelle d’un système, la responsabilité ultime incombe aux opérateurs de s’assurer que leurs systèmes sont conçus, mis en œuvre et maintenus conformément aux obligations réglementaires locales et en accord avec la tolérance juridique et sociale plus large de chaque juridiction envers les jeux de hasard en ligne. »

La prochaine étape de la croissance numérique en Asie

Avec un durcissement de la réglementation, une application plus stricte et des changements reportés, l’industrie des jeux en Asie entre dans une phase de plus grande réglementation. Cette évolution marque le passage d’une phase de croissance à une surveillance réglementaire plus proactive.

Chaque juridiction applique un cadre réglementaire qui lui est propre. La certification ne se substitue pas aux obligations légales, mais s’ajoute à celles-ci pour favoriser la conformité et la normalisation, offrant ainsi un gage de sécurité et un soutien tant aux joueurs qu’aux régulateurs.

Manille vous appelle, et ce n’est pas un murmure. Du 31 mai au 3 juin 2026, SiGMA Asia revient en tant que poids lourd incontesté de la région. Avec 16 000 délégués, 3 040 opérateurs et plus de 250 conférenciers réunis sous un même toit, ce n’est pas seulement un salon. C’est le coup d’envoi !