Le gouvernement roumain a adopté l’ordonnance d’urgence OUG 7/2026, modifiant les règles applicables aux établissements de jeux de hasard terrestres : les autorités locales peuvent désormais décider si ces salles peuvent opérer dans une ville.
Cette mesure fait suite aux déclarations précédentes du Premier ministre Ilie Bolojan, qui avait déclaré que les municipalités devraient pouvoir définir l’emplacement des salles de jeux de hasard, jusqu’aux rues et quartiers spécifiques, et réglementer l’intensité de l’activité par le biais d’une taxe locale dédiée.
Ce que dit l’ordonnance
Le 25 février, le journal officiel roumain Monitorul Oficial a publié l’ordonnance confirmant le droit des administrations locales de décider si les activités de Jeux de hasard sont autorisées dans leur juridiction. Les conseils locaux peuvent décider si cette activité est autorisée dans leur région. Ils peuvent introduire une autorisation locale annuelle pour les opérateurs. Ils peuvent approuver ou refuser cette autorisation par une décision distincte, en utilisant leurs propres critères, qu’il s’agisse de priorités de développement ou d’exigences en matière d’ordre public, de santé et de sécurité.
Une licence nationale et un permis d’exploitation restent obligatoires, mais les opérations terrestres sont désormais soumises à un filtre supplémentaire : l’autorisation locale. Une règle de notification préalable est également introduite : un opérateur doit informer les autorités locales cinq jours avant le début de ses activités et fournir des copies des documents nationaux.
Comment fonctionneront le zonage et les redevances locales
Si une ville autorise les salles de jeux de hasard, elle peut définir :
- les zones où l’activité peut avoir lieu ;
- les conditions dans lesquelles elles peuvent fonctionner ;
- une redevance annuelle d’autorisation.
Les frais sont calculés en fonction de la superficie des locaux (en mètres carrés). La décision du conseil municipal doit être rendue publique, notamment par sa publication sur le site web de l’administration. Le paiement doit être effectué dans les 30 jours suivant la délivrance de l’autorisation.
Le marché roumain est désormais sur le point de connaître une plus grande différenciation au niveau local. Une ville peut introduire une interdiction totale, une autre peut autoriser les établissements uniquement dans certains quartiers, tandis qu’une troisième peut maintenir le marché ouvert mais augmenter le coût d’entrée par le biais de redevances locales et d’exigences en matière d’emplacement. Cette situation est particulièrement sensible pour les chaînes, car un deuxième niveau de réglementation – la surveillance municipale – s’ajoute à l’octroi de licences au niveau national.
Quelles villes ont déjà signalé des interdictions ?
Les maires ont publié leurs premières déclarations presque immédiatement après la publication. Comme l’a rapporté Știrile ProTV, les maires de Ploiești, Brăila et Rădăuți ont annoncé leur intention d’interdire totalement les Jeux de hasard dans leurs villes.
Le maire de Slatina, Mario De Mezzo, est allé plus loin en publiant une vidéo accompagnée de la légende suivante : « Nous déclarons Slatina première ville de Roumanie sans machines à sous ».

Dans la capitale, la position est plus prudente. Le maire de Bucarest, Ciprian Ciucu, a déclaré qu’il était personnellement opposé aux salles de jeux de hasard, mais que toute décision concernant une interdiction totale ou des restrictions de zonage devait être prise par le Conseil général de Bucarest. Il a également mentionné la contribution de l’industrie au budget de la ville comme l’un des facteurs à prendre en compte.
La maire de Sibiu, Astrid Fodor, a présenté une approche opposée. Elle ne soutient pas une interdiction automatique et estime que les activités légales devraient s’inscrire dans un cadre pouvant être contrôlé au niveau local. La décision appartient désormais au conseil municipal, après quoi la municipalité prévoit d’évaluer la situation et de préparer des règles locales couvrant l’emplacement, les heures d’ouverture et d’autres critères.
Comment cette évolution reflète les tendances générales du marché roumain
La décentralisation coïncide avec une demande croissante du public visant à limiter l’accès aux Jeux de hasard, en particulier pour les jeunes. Les députés ont précédemment déclaré qu’un adolescent sur quatre dans le pays avait déjà joué avant l’âge de 18 ans. Des enquêtes indiquent qu’un tiers des enfants signalent des problèmes scolaires, tandis que 40 % manquent des cours. La pression en faveur d’un durcissement des règles s’intensifie clairement depuis un certain temps dans la société roumaine.
L’année dernière, les autorités ont également adopté une loi interdisant l’exploitation de salles de jeux de hasard dans les localités de moins de 15 000 habitants. Les exigences financières sont également strictes : les salles de jeux terrestres doivent verser 23 % de leurs revenus bruts, tandis que les joueurs paient 4 % sur leurs gains. La question de savoir si ces mesures améliorent la transparence ou, au contraire, poussent l’industrie vers des systèmes informels reste ouverte.
Cet article a été publié pour la première fois en russe le 2 mars 2026.
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