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Les Pays-Bas mettent en garde les jeunes contre les risques liés aux jeux de hasard avant la Coupe du monde de la FIFA

Sudhanshu Ranjan
Rédigé par Sudhanshu Ranjan
Traduit par Tarik Taloufate

À l’approche de la Coupe du monde de la FIFA 2026, les régulateurs des jeux de hasard prennent très au sérieux les risques liés aux paris. Aux Pays-Bas, l’Autorité néerlandaise des jeux de hasard, officiellement appelée Kansspelautoriteit (KSA), a lancé une campagne de sensibilisation destinée aux jeunes adultes avant le coup d’envoi du tournoi en Amérique du Nord, le 11 juin 2026.

Le problème est très simple : il n’a jamais été aussi facile d’accéder aux paris. Les autorités de régulation à travers l’Europe se préparent à une forte augmentation de l’activité de paris dès le début de la Coupe du monde, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la portée mondiale du tournoi et de sa couverture médiatique étendue.

La campagne de la KSA ne se limite pas à lancer un simple avertissement. Il s’agit d’engager de véritables discussions avec les jeunes sur le stress financier et le poids émotionnel que peut entraîner le jeu compulsif, et de veiller à ce que les mineurs ne passent pas entre les mailles du filet. Les régulateurs européens renforcent dès à présent la protection des consommateurs, avant le coup d’envoi, car une fois que l’effervescence de la Coupe du monde s’empare des esprits, il devient bien plus difficile de freiner les ardeurs.

Comprendre la campagne de KSA

La campagne de la KSA « Laat je niet zoek spelen » (« Ne te laisse pas emporter par le jeu ») adopte une approche plus personnelle pour sensibiliser les jeunes adultes aux dangers du jeu. Plutôt que de s’appuyer sur des données, elle mise sur la narration et l’émotion pour montrer comment le fait de parier régulièrement peut progressivement dégénérer en un comportement néfaste.

La pièce maîtresse de la campagne est une peinture réalisée par l’organisation d’art urbain d’Amsterdam Kamp Seedorf, qui rend hommage au footballeur à la retraite Glenn Helder et à son combat contre la dépendance au jeu. Helder sait de quoi il parle. L’ancien international néerlandais s’est exprimé ouvertement sur sa propre lutte contre la dépendance au jeu, et c’est précisément cette franchise qui fait de lui une voix si importante dans la campagne de la KSA pour la Coupe du monde.

Ses avertissements sont crédibles non pas en raison de son titre ou de sa position, mais parce qu’il les a acquis à la dure. Il a lui-même emprunté le chemin dont il met les autres en garde, et c’est un niveau de crédibilité qu’aucun budget de campagne ne peut produire. À bien des égards, sa transition de footballeur à militant est aussi fascinante que tout ce qu’il a accompli sur le terrain.

La KSA reconnaît l’importance des réseaux sociaux auprès des jeunes. C’est pourquoi la campagne s’est associée à la personnalité du football Noah Zeeuw pour promouvoir le message sur des plateformes telles qu’Instagram, Snapchat et YouTube. Les publicités traditionnelles sont ignorées, mais un visage familier qui s’adresse directement à vous semble sincère. C’est un changement simple et évident : aller à la rencontre des jeunes là où ils se trouvent, avec des voix auxquelles ils font déjà confiance.

Le durcissement de la réglementation sur les jeux de hasard aux Pays-Bas

À l’approche de la Coupe du monde, les Pays-Bas ne laissent rien au hasard. La KSA a clairement fait savoir aux opérateurs de jeux de hasard que les règles sont en vigueur et qu’elles seront appliquées. Pas d’exception, pas de tolérance simplement parce qu’un grand tournoi est en cours.

La préoccupation est réelle. Les grands événements sportifs ont tendance à faire ressortir le côté le plus agressif du marketing des jeux d’argent, et les régulateurs en ont vu assez pour savoir ce qui se passe lorsque les opérateurs ne sont pas contrôlés. La loi néerlandaise impose donc des restrictions strictes en matière de publicité, en particulier pour tout ce qui vise un public jeune ou des personnes vulnérables. Les parrainages, les promotions, les lieux et les moments où les publicités peuvent apparaître : tout cela est surveillé de plus près dès qu’un tournoi de cette envergure commence.

Mesures d’application

La KSA a renforcé ses mesures de contrôle en imposant des sanctions financières, indiquant ainsi que les infractions ne seront pas prises à la légère. Unibet s’est vu infliger une amende de 450 000 € pour avoir proposé des produits de paris interdits entre 2022 et 2025, ce qui démontre la volonté des autorités d’appliquer les restrictions de manière cohérente. Plus frappante encore, Novatech s’est vu infliger une amende record de 25 M€ pour avoir opéré illégalement en dehors du système d’octroi de licences néerlandais.

Le taux d’imposition des jeux a été porté à 37,8 % en 2026, et combiné à un durcissement des lois sur la publicité et à une application plus stricte de la réglementation, les entreprises subissent des pressions de toutes parts. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. À la suite des hausses d’impôts précédentes, les entreprises enregistraient déjà une baisse de leurs revenus d’environ 18,5 %.

Les partisans de ces mesures vous diront que cela en vaut la peine. Des taxes plus élevées signifient davantage de fonds alloués à la surveillance réglementaire et aux programmes de jeu responsable, et en cette année de Coupe du monde, ce financement est crucial.

L’Europe resserre son emprise

Les régulateurs européens des jeux de hasard renforcent leur contrôle, et on comprend aisément pourquoi. En Belgique, les autorités ont adopté une position ferme contre les bonus, les offres de cashback et les paris gratuits, estimant que ce genre d’avantages permet aux joueurs de perdre beaucoup trop facilement de vue ce qu’ils dépensent réellement. C’est un argument valable : lorsqu’on a l’impression de recevoir un cadeau, on ne perçoit pas le risque de la même manière. La France adopte une approche différente, s’appuyant sur des algorithmes pour repérer les joueurs à haut risque avant que la situation ne dégénère. Et étant donné que ces joueurs représenteraient plus de 60 % des revenus du jeu, c’est une mesure difficile à contester.

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