Les autorités du Myanmar ont arrêté 85 ressortissants chinois après des raids menés à Muse, une ville proche de la frontière chinoise, à la suite de signalements d’opérations de jeux de hasard illégales dans la région. La répression a ciblé les districts de Kaungmu Tong, Taw Yawt et Suan Saw, alors que le gouvernement intensifie sa campagne contre la criminalité transnationale dans les régions frontalières.
Les infrastructures saisies révèlent une transition vers le numérique
Les enquêtes ont mis en lumière l’importante infrastructure technique utilisée, comprenant des téléphones portables, des ordinateurs, des ordinateurs portables ainsi que des équipements liés aux jeux de hasard. Chaque raid révèle une dépendance croissante aux plateformes numériques sophistiquées : on observe un passage des salles de jeux traditionnelles aux réseaux en ligne.
Les tendances incluent l’utilisation d’applications de messagerie chiffrée, de VPN et de systèmes de paiement numériques qui rendent la détection plus difficile et relient les jeux de hasard à des réseaux de fraude plus larges, selon divers médias.
Cadre juridique et défis en matière d’application de la loi
La loi sur les jeux de hasard de 2019 stipule que la plupart des formes de jeux de hasard sont interdites au Myanmar, y compris les paris en ligne, les loteries et le poker. Les casinos ne fonctionnent qu’avec l’approbation du gouvernement et sont exclusivement destinés aux étrangers, les citoyens étant passibles de lourdes sanctions en cas de participation. La supervision relève du gouvernement de l’Union, bien qu’aucune agence dédiée ne régule spécifiquement les jeux de hasard en ligne.
Les autorités ont souligné que ces raids font partie d’une campagne plus large visant à lutter contre la fraude en ligne et les jeux de hasard illégaux, en particulier à Muse, identifiée comme un centre de criminalité transnationale.
Coopération régionale et internationale
Les autorités, en collaboration avec des partenaires régionaux et des organisations internationales, vont coopérer pour démanteler les réseaux de jeux de hasard en se concentrant sur les infrastructures et en perturbant les opérations transfrontalières. En raison de la proximité de Muse avec la frontière chinoise, la ville constitue un centre majeur d’activités illégales, ce qui a incité les communautés locales à signaler les incidents ayant conduit aux opérations des forces de l’ordre.
Les habitants de ces zones s’opposent aux jeux de hasard illégaux. Les rapports montrent qu’ils drainent les revenus des ménages, alimentent les cycles d’endettement et nuisent aux entreprises légitimes. Les réseaux de fraude liés aux jeux de hasard découragent également l’investissement et déstabilisent les marchés locaux.
En 2025, les médias locaux ont signalé une augmentation des maisons de jeux et des activités liées à la drogue à Muse. Les habitants décrivent une dégradation de l’ordre public sous le contrôle de la junte. Les salles de jeux et les salons KTV se sont multipliés, souvent liés au vol, au banditisme et aux stupéfiants.

Un engagement continu
Le Myanmar prévoit de continuer à coopérer avec la Chine, l’ASEAN et des partenaires internationaux afin de démanteler les réseaux transfrontaliers de jeux de hasard et de fraude. Les autorités affirment que la lutte contre les escroqueries en ligne, souvent liées à la fraude financière, à la traite des êtres humains, aux drogues, au travail forcé et au blanchiment d’argent, reste leur priorité absolue.
Malgré des raids répétés, les opérateurs réapparaissent fréquemment, ce qui met en évidence l’existence de réseaux bien implantés et des risques de corruption. Les jeux de hasard étant interdits aux citoyens, les plateformes illégales détournent l’argent des caisses de l’État et des industries légales, ce qui renforce la nécessité d’une application continue de la loi.
La répression contre les jeux de hasard illégaux au Myanmar reflète des tendances observées dans d’autres villes du pays, comme Mong La et Laukkai. Toutefois, chaque zone présente des dynamiques spécifiques. Mong La prospère comme un centre de casinos semi-légal pour les touristes chinois, un peu comme un « mini-Macao », tandis que Laukkai est depuis longtemps associée aux casinos clandestins, aux stupéfiants et au financement de groupes armés.
Les trois villes exploitent la porosité des frontières avec la Chine, ce qui rend l’application de la loi difficile. Par ailleurs, des responsables locaux bénéficient souvent des revenus des jeux de hasard, ce qui affaiblit les opérations de répression.
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