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Nouvelle-Galles du Sud : normes de reconnaissance faciale pour les jeux de hasard

Anna Sarmina
Rédigé par Anna Sarmina
Traduit par Tarik Taloufate

Les autorités de l’État australien de Nouvelle-Galles du Sud ont franchi une nouvelle étape vers un renforcement de la surveillance des établissements de jeux de hasard. Liquor & Gaming NSW, l’organisme de réglementation responsable de l’octroi de licences, de la supervision et de la conformité des établissements proposant de l’alcool, du divertissement et des machines de jeu, a publié un Code de pratique pour l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale dans les hôtels et les clubs. Le document s’adresse aux hôtels et clubs disposant de machines de jeu et fournit des orientations aux établissements qui utilisent déjà la reconnaissance faciale ou envisagent de l’introduire. Il ne s’agit pas d’une loi, mais plutôt de recommandations pratiques volontaires. Pour le marché, il reste toutefois important, car il s’agit de la première norme détaillée définissant la manière dont l’État considère l’utilisation acceptable des données biométriques dans un environnement de jeux de hasard.

Le contexte rend cette publication peu surprenante. À l’été 2025, le gouvernement de l’État a reconnu que son projet pilote de machines à sous sans espèces avait échoué et a indiqué qu’il envisageait la reconnaissance faciale comme outil pour identifier les contrevenants et améliorer la sécurité dans les établissements de jeux.

Ce que l’État recommande

Le document gouvernemental s’adresse principalement aux établissements qui utilisent déjà des systèmes de reconnaissance faciale ou envisagent leur mise en place. Le communiqué souligne que l’objectif principal est d’identifier les joueurs auto-exclus — c’est-à-dire les personnes qui se sont volontairement interdit l’accès aux zones de jeux. Le message envoyé au marché est clair : les autorités commencent à formaliser les règles encadrant les technologies biométriques, en mettant l’accent sur la protection des joueurs vulnérables.

Le Code définit des exigences opérationnelles spécifiques. Un établissement doit :

  • mettre à jour sa politique de confidentialité ;
  • effectuer une évaluation des risques pour la protection des données personnelles ;
  • désigner du personnel autorisé ;
  • conserver les dossiers de formation du personnel pendant au moins cinq ans ;
  • tenir une documentation sur l’installation du système et toute modification ;
  • surveiller le bon fonctionnement de la technologie.

Pour les grands établissements, les rapports doivent être examinés au moins chaque semaine ; pour les petits établissements, au moins chaque mois. Le régulateur demande également aux établissements d’enregistrer les faux positifs et les correspondances manquées. Une signalisation claire est également requise : les visiteurs doivent pouvoir voir que la reconnaissance faciale est utilisée. L’entrée dans un hôtel ou un club est donc considérée comme un consentement à l’analyse biométrique.

Panneau indiquant l’utilisation de la reconnaissance faciale. (Source : Getty Images)

Où le système est limité

La partie la plus importante du Code n’est pas la technologie elle-même, mais ses limites. Le document exige explicitement que les données de reconnaissance faciale soient stockées uniquement en Australie et ne soient pas transférées à l’étranger, que ce soit via un serveur local ou une solution cloud. Le système ne doit pas non plus être connecté à d’autres bases de données contenant les données personnelles des visiteurs — telles que les informations d’inscription, les scans de documents d’identité ou les informations de paiement. Le régulateur cherche à éviter qu’un outil d’auto-exclusion ne devienne un système de surveillance plus large.

L’interdiction d’utilisation commerciale est encore plus stricte. Les données de reconnaissance faciale et les informations biométriques des visiteurs ne peuvent pas être utilisées à des fins marketing ou commerciales, et cela ne peut pas être légitimé même avec le consentement formel du client. Le Code précise également que :

  • les données ne doivent pas être utilisées pour encourager les personnes précédemment auto-exclues à revenir dans les établissements ;
  • les produits de jeux de hasard ne doivent pas être promus auprès de ce groupe ;
  • en cas de correspondance avec le registre d’auto-exclusion, une alerte doit être envoyée au personnel dans les 60 secondes ;
  • en l’absence de correspondance, l’image et les données biométriques doivent être supprimées ;
  • si la période d’auto-exclusion a expiré, les données de la personne doivent être supprimées immédiatement.

Pourquoi le Code a été introduit maintenant

Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud discute depuis longtemps de la reconnaissance faciale comme élément potentiellement obligatoire des réformes pour les établissements de jeux. Les documents officiels décrivent la technologie comme un outil de réduction des risques et comme un futur mécanisme de soutien à un registre d’exclusion à l’échelle de l’État, actuellement en cours de développement. Le système devrait également permettre l’« exclusion par un tiers », où les restrictions sont imposées non pas par le joueur lui-même, mais par une autre personne.

Le débat sur un déploiement obligatoire s’est poursuivi tout au long de 2025, et le Code actuel constitue une étape intermédiaire : les établissements ne sont pas encore légalement tenus de mettre en place la reconnaissance faciale, mais le marché est informé des normes que l’État jugerait acceptables.

L’importance du document est réelle. Le Code reste volontaire et ne peut pas être utilisé pour sanctionner directement un opérateur en cas de non-respect. Cela ne le rend pas moins important. Les établissements doivent toujours se conformer à la Loi de 1988 relative à la protection de la vie privée, au Règlement de 2019 sur les jeux de machines à sous et aux Principes australiens en matière de protection de la vie privée. Le régulateur a également défini des attentes concrètes concernant le stockage des données, la signalisation, la documentation, la qualité du système et les actions du personnel — et le non-respect de ces exigences entraînera probablement un examen réglementaire. Pour les établissements disposant déjà de systèmes, les orientations indiquent que la mise en conformité doit commencer immédiatement. Lorsque des changements importants sont nécessaires, les établissements disposent d’un délai pouvant aller jusqu’à six mois pour les mettre en œuvre.

Contexte mondial

Les technologies biométriques font de plus en plus partie des débats sur la réglementation des jeux de hasard — non seulement en Australie, mais aussi à l’échelle internationale. À l’automne 2025, le Kazakhstan a commencé à tester la reconnaissance faciale sur les plateformes de jeux.

Les modèles diffèrent :

  • au Kazakhstan, l’accent est mis sur l’identification des joueurs et le contrôle d’accès ;
  • en Nouvelle-Galles du Sud, l’accent est mis sur l’auto-exclusion, la protection des groupes vulnérables et des règles strictes concernant le stockage et l’utilisation des données.

Cela rend la démarche de la Nouvelle-Galles du Sud particulièrement révélatrice : l’État montre non seulement son intérêt pour la technologie, mais aussi son intention de l’encadrer très tôt par des garde-fous opérationnels et juridiques.

À retenir

La Nouvelle-Galles du Sud n’impose pas encore la reconnaissance faciale à l’ensemble du secteur, mais elle établit pour la première fois une norme détaillée sur la manière dont elle doit être utilisée. Pour les opérateurs et les établissements, le message est que la biométrie dans les environnements de jeux ressemble de moins en moins à une expérimentation contestée et de plus en plus à un outil de réduction des risques que le régulateur souhaite maintenir sous contrôle strict — avec des règles transparentes et peu de marge pour les abus.

Cet article a été publié pour la première fois en russe le 23 mars 2026.

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