L'île de Man rejette un travailleur lié à une entreprise impliquée dans des activités criminelles
Un ressortissant philippin a perdu son recours contre un refus d’entrée sur l’île de Man, après que les autorités d’immigration ont invoqué ses liens passés avec une société liée au crime organisé chinois.
Teijun Zhao s’est vu proposer un poste chez A2D Entertainment en mai 2025 et a demandé un permis d’entrée en tant que travailleur migrant, avec sa famille à charge. Cependant, le bureau de l’immigration de l’île de Man a rejeté la demande et a souligné l’ancien emploi de Zhao chez Yabo, une entreprise largement mentionnée dans des sources ouvertes comme étant liée à la traite des êtres humains et aux Jeux de hasard illégaux, comme l’a rapporté Asia Gaming Brief.
Le rôle de Zhao chez Yabo
Selon son CV, Zhao a occupé le poste de responsable des paiements chez Yabo à Pasay City, aux Philippines, de novembre 2021 à août 2024. Le bureau de l’immigration a déclaré avoir utilisé ses rapports open source et avoir à plusieurs reprises établi un lien entre Yabo et des réseaux criminels organisés chinois, notamment en ce qui concerne les jeux de hasard en ligne et la traite des êtres humains. La société opérait dans le secteur des jeux et des paiements et était très présente aux Philippines.
Le juge de l’immigration James Brooks s’est déclaré « entièrement convaincu » qu’A2D Entertainment n’avait pas sciemment cherché à recruter une personne représentant un risque pour la sécurité publique. Il a toutefois confirmé la décision du bureau de l’immigration, soulignant le rôle important occupé par Zhao chez Yabo à une période où les liens criminels de l’entreprise étaient « largement médiatisés », comme l’ont rapporté plusieurs médias.
Conclusions du bureau de l’immigration
Les règles d’immigration de l’île de Man, bien que calquées sur celles du Royaume-Uni, contiennent des dispositions distinctes. Elles couvrent les travailleurs migrants, les transferts intra-entreprises, les entrepreneurs, les investisseurs, les étudiants et les visas familiaux.
Zhao n’a pas contesté les liens présumés, mais a insisté sur le fait qu’il n’avait aucune connaissance d’activités criminelles et qu’il n’avait ni été témoin ni participé à des actes répréhensibles.
Avis de « refus motivé »
Selon les médias, les autorités chargées de l’immigration ont émis un avis de « refus motivé » dans le cas de Zhao le 4 juillet. Elles lui ont refusé l’entrée sur le territoire même en l’absence de preuves directes d’actes répréhensibles, estimant que son association avec des activités criminelles constituait un risque. Les liens de Zhao avec Yabo ont été jugés « contraires à l’intérêt public ».
Il a répondu qu’il avait démissionné de Yabo, pris ses distances avec l’entreprise et que son rôle se limitait à des fonctions de paiement interne plutôt qu’à des responsabilités stratégiques ou externes.
Arguments juridiques en appel
Les représentants légaux de Zhao ont fait valoir que le service de l’immigration avait fait un « raccourci injustifié » entre son poste élevé et une présomption de complicité, soulignant qu’il n’y avait aucune preuve directe d’actes répréhensibles de sa part.
Ils ont cité les directives du ministère de l’Intérieur selon lesquelles la « simple association » avec un gang ou un criminel connu ne suffit pas à satisfaire au critère de l’intérêt public, et ont remis en question la fiabilité des informations provenant de sources ouvertes.
Décision finale
Le bureau de l’immigration a conclu que l’ampleur des activités criminelles présumées de Yabo, combinée à la collaboration de Zhao avec l’organisation, représentait un « risque clair et évident » pour l’île.
Brooks a reconnu qu’il n’y avait « sans aucun doute » aucune preuve directe que Zhao se soit livré à des activités criminelles. Cependant, il a jugé que le poste de haut niveau occupé par Zhao dans une entreprise ayant des liens criminels bien documentés justifiait le refus, selon plusieurs médias.
Des approches similaires sont observées dans d’autres juridictions, où les décisions en matière d’immigration reposent souvent sur des associations plutôt que sur des preuves directes d’actes répréhensibles. Le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada, par exemple, appliquent des variantes du « principe de l’intérêt public » pour refuser l’entrée sur leur territoire lorsque des liens avec la criminalité sont évidents.
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