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Kalshi risque une suspension prolongée l'empêchant de signer des contrats sportifs dans le Michigan

Jefferson Mendoza
Rédigé par Jefferson Mendoza
Traduit par Tarik Taloufate

La plateforme de marchés de prédiction Kalshi restera interdite de proposer des contrats sportifs dans le Michigan, la date limite pour mettre en place un géoblocage étant désormais repoussée au 12 août. En cas de non-respect, l’entreprise s’expose à des amendes pouvant atteindre 500 000 dollars par jour, conformément à une décision de la juge Rosemarie Aquilina de la 30e Cour de circuit du Michigan.

Le 29 juin, la juge Aquilina a estimé que les contrats sur des événements sportifs proposés par Kalshi constituaient des paris sportifs illégaux au regard de la législation de l’État, ordonnant à l’entreprise de bloquer l’accès aux résidents du Michigan pendant au moins deux semaines. Dans un premier temps, Kalshi devait mettre en œuvre un système de géoblocage via un prestataire agréé, sous peine d’une amende de 120 000 dollars par jour.

Le tribunal a ensuite accordé une suspension d’urgence de cette obligation, le temps que Kalshi puisse présenter ses arguments. L’entreprise soutient que la mise en place du géoblocage serait excessivement coûteuse et pourrait l’exposer à un non-respect de la réglementation de la Commission des opérations à terme sur matières premières (CFTC). Les parties adverses demeurent toutefois peu convaincues.

Pour l’instant, Kalshi limite l’accès en bloquant les utilisateurs indiquant une adresse située dans le Michigan lors de leur inscription. En revanche, les visiteurs provenant d’autres États peuvent toujours négocier des contrats sportifs lorsqu’ils se trouvent physiquement dans le Michigan. Les autorités estiment que cette faille affaiblit l’application de l’interdiction. La semaine dernière, Kalshi et les représentants de l’État ont présenté leurs plaidoiries orales afin de déterminer si l’interdiction devait être prolongée et quels délais devaient être imposés pour la mise en œuvre du géoblocage.

Affrontement juridique entre compétence fédérale et compétence des États

Le Michigan est l’un des deux seuls États, avec le Nevada, à être parvenu à faire appliquer une interdiction des contrats sportifs de Kalshi. Dans le Nevada, la société s’était d’abord appuyée sur un blocage fondé sur les adresses avant d’adopter un système interne de géolocalisation, que les autorités jugent toujours insuffisamment efficace.

L’avocat de Kalshi, Will Havemann, a affirmé que la plateforme n’était pas soumise aux lois des États relatives aux jeux de hasard. En se référant au Loi sur les marchés à terme (CEA), il a expliqué que le Congrès avait entendu faire prévaloir la réglementation fédérale sur les lois des États en matière de jeux de hasard lorsqu’il encadrait les marchés à terme, rappelant les précédentes tentatives visant à qualifier les contrats à terme sur les céréales de jeux de hasard.

La juge Aquilina a rejeté cet argument en déclarant : « Vous ne parlez pas réellement de matières premières, de taux d’intérêt ou d’autres actifs de ce type, mais de jeux de hasard, un domaine traditionnellement réglementé par les États. Vous cherchez simplement à définir cette activité d’une manière qui vous avantage, mais qui ne correspond pas à la législation du Michigan. »

La procureure générale adjointe Lauren Fitzsimons a rétorqué que, si le Congrès avait réellement souhaité écarter totalement les lois des États sur les jeux de hasard, il l’aurait exprimé beaucoup plus clairement. Elle a également affirmé que Kalshi avait un intérêt financier à retarder la mise en œuvre de la géolocalisation, citant un volume de transactions de 30 milliards de dollars enregistré pendant la Coupe du monde et des revenus quotidiens issus des commissions dépassant les 10 millions de dollars.

Le débat sur la géolocalisation

Le tribunal a entendu le témoignage d’expert de Chad Kornett, vice-président senior de GeoComply. Celui-ci a mis en évidence les limites du blocage fondé sur les adresses IP par rapport à la géolocalisation par GPS. Il a expliqué que les adresses IP peuvent fournir une localisation erronée des utilisateurs, même en l’absence de VPN, et a souligné que les entreprises mettent généralement en place un système de géoblocage en une à deux semaines.

Malgré les affirmations de Kalshi selon lesquelles des discussions étaient en cours avec GeoComply, les avocats de l’entreprise ont reconnu qu’elle n’était pas encore en mesure de fournir un calendrier précis pour une mise en conformité complète.

La décision finale du tribunal

La juge Aquilina a confirmé la compétence du Michigan, prolongé l’ordonnance restrictive temporaire (TRO) et exigé que Kalshi démontre des progrès concrets dans la mise en place du géoblocage d’ici au 12 août.

« Le principe de préemption en cas de conflit ne s’applique pas, car Kalshi peut respecter à la fois le droit fédéral et le droit de l’État, et n’a pas respecté la législation du Michigan. Je comprends que cela représente une contrainte pour Kalshi, mais c’en est une encore plus grande pour le public », a-t-elle déclaré. En cas de non-respect, l’entreprise s’expose à des amendes de 500 000 dollars par jour, l’application intégrale des sanctions devant débuter le 13 août.

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