Les législateurs du Minnesota ont fait avancer un projet de loi visant à interdire certains types de marchés de prédiction, notamment ceux liés à des contrats portant sur des événements sportifs, la guerre et les résultats électoraux. La commission sénatoriale du commerce et de la protection des consommateurs a approuvé le projet de loi SF 4511, qui ferait de l’exploitation de telles plateformes un délit passible d’amendes et d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison.
Le projet de loi est désormais transmis à la commission des finances et doit encore être adopté par l’ensemble du Sénat et la Chambre des représentants du Minnesota avant d’entrer en vigueur. Parallèlement, une autre proposition visant à légaliser les paris sportifs reste en suspens. Les législateurs ont débattu de la question mais n’ont pas voté, ce qui met en évidence les divisions persistantes concernant l’extension des jeux de hasard réglementés dans l’État.
Principales dispositions de la loi SF 4511
Un projet de loi visant à interdire les marchés de prédiction dans l’État, le projet de loi sénatorial 4511, a été présenté par les législateurs du Minnesota. Ce texte qualifie de jeux de hasard illicites les contrats liés à la politique, au sport et à d’autres résultats liés à des événements. S’il est adopté, l’utilisation ou la promotion de telles plateformes pourrait être considérée comme une infraction pénale, passible d’amendes pouvant atteindre 10 000 dollars et d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement.
Le projet de loi comble également une lacune en redéfinissant ce qui constitue un « pari » au regard de la loi de l’État, supprimant ainsi l’ambiguïté dont les sociétés de marchés prédictifs se sont servies pour exercer leurs activités. Les contrats à terme traditionnels sur matières premières, tels que ceux liés à l’agriculture, resteraient légaux.
Projet de loi parallèle sur les paris sportifs
Le projet de loi sénatorial 4139 définit un cadre pour la légalisation des paris sportifs en ligne dans le Minnesota. La proposition fixe l’âge minimum à 21 ans, impose un régime d’octroi de licences strict et place la supervision sous la responsabilité du Département de la sécurité publique. Les recettes issues des paris sportifs seraient affectées à des programmes publics, notamment à des initiatives visant à lutter contre la dépendance aux jeux de hasard.
En outre, la loi propose d’octroyer jusqu’à 11 licences aux organisations tribales afin qu’elles puissent collaborer avec des opérateurs de paris sportifs de renom. Cette stratégie tient compte de l’importance des jeux de hasard tribaux pour l’industrie du jeu de l’État.
Le projet de loi sur les paris sportifs a eu du mal à faire son chemin malgré son cadre minutieux. Le calendrier serré de la session actuelle rend son adoption incertaine, et les législateurs n’ont pas réussi par le passé à s’entendre sur des propositions similaires.
Pourquoi les paris sportifs restent illégaux
Bien que plusieurs États américains aient fait des progrès, le Minnesota n’a pas encore légalisé les paris sportifs. La prudence politique, les préoccupations sociales et les débats entre les parties prenantes sur la meilleure façon d’organiser ces paris sont à l’origine de ce retard. Les principaux débats portent notamment sur la question de savoir si les entreprises privées devraient exploiter des sites de paris sportifs, si les casinos tribaux devraient détenir des droits exclusifs, ou si l’État lui-même devrait jouer un rôle plus important.
Malgré l’interdiction, les paris se poursuivent dans la clandestinité. Les estimations présentées lors d’audiences récentes suggèrent qu’entre 1,5 et 3,8 milliards de dollars sont misés chaque année de manière illégale dans le Minnesota. Les législateurs reconnaissent que l’interdiction n’a pas éliminé les paris, mais les a plutôt poussés vers des circuits non réglementés, ce qui soulève des inquiétudes concernant la protection des consommateurs et la perte de recettes fiscales.
Les tribus amérindiennes possèdent des casinos dans tout le Minnesota et ont leur mot à dire sur les lois relatives aux jeux de hasard. Les intérêts des tribus doivent être pris en considération dans toute tentative de légalisation des paris sportifs. Le projet de loi proposé (SF 4139) place les tribus au centre du dispositif, leur accordant des licences pour exploiter des sites de paris sportifs en ligne, éventuellement en partenariat avec de grands opérateurs.
Ampleur des paris illégaux
Les témoignages du secteur ont mis en évidence l’ampleur du marché illégal des paris sportifs dans le Minnesota. Une étude de 2025 estimait que les habitants pariaient entre 1,5 et 3,8 milliards de dollars par an via des sites offshore et des réseaux informels, où la protection des consommateurs est quasi inexistante.
Lors d’une audition législative, l’avocat Scott Ward a démontré à quel point il était facile pour les utilisateurs de s’inscrire et de parier sur des plateformes offshore en utilisant un code postal du Minnesota, avec très peu de vérifications et aucun contrôle d’âge.
Les partisans de la légalisation affirment qu’un marché réglementé réduira la dépendance vis-à-vis des plateformes illicites, protégera les consommateurs et réorientera les fonds des opérateurs offshore vers des initiatives publiques. Une étude de référence sur la prévalence du jeu et un suivi continu des effets sur la santé publique sont des exigences de la loi actuellement en discussion.
Préoccupations concernant les coûts sociaux
Selon les détracteurs, la légalisation des paris sportifs pourrait aggraver les difficultés financières. S’appuyant sur des études établissant un lien entre l’accès accru aux jeux de hasard et l’aggravation des difficultés financières, les législateurs ont fait part de leurs inquiétudes concernant le jeu de hasard compulsif. En réponse, les responsables du secteur ont cité des études indiquant que, dans les États où les jeux de hasard sont légaux, les taux de dépendance chez les adultes restent relativement stables, oscillant entre 1 et 2 %.
Malgré le débat en cours, l’avenir de la proposition sur les paris sportifs reste incertain. Les précédentes tentatives de légalisation de cette activité ont échoué, les préoccupations concernant les coûts sociaux continuant de diviser les législateurs.
Restez informé et rejoignez la plus grande communauté iGaming au monde grâce au Top 10 des actualités SiGMA. Abonnez-vous ICI pour recevoir des mises à jour hebdomadaires de la référence mondiale en matière d’iGaming et des offres exclusives réservées aux abonnés.





