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SkyCity Adelaide écope d'une amende de 21 millions de dollars australiens

Anna Sarmina
Rédigé par Anna Sarmina
Traduit par Tarik Taloufate

Le seul casino d’Australie-Méridionale a mis fin à un litige réglementaire qui durait depuis quatre ans. Le 19 juin, SkyCity Adelaide Pty Limited et sa société mère néo-zélandaise, SkyCity Entertainment Group (SCEG), ont signé un accord de principe non contraignant avec le commissaire aux alcools et aux jeux de hasard d’Australie-Méridionale. Aux termes de cet accord, l’opérateur versera une amende de 21 millions de dollars australiens (14,7 millions de dollars américains).

Cette somme sera versée en trois versements égaux de 7 millions de dollars australiens (4,9 millions de dollars américains chacun) : le premier dans les 28 jours suivant la signature d’un accord tripartite juridiquement contraignant entre SkyCity Adelaide, SCEG et le gouvernement d’Australie-Méridionale ; le deuxième un an plus tard ; et le troisième un an après celui-ci. Cet accord engage également la société à mener une profonde réforme structurelle, condition sans laquelle SkyCity Adelaide n’aurait pas été autorisée à conserver sa licence à l’issue d’une enquête qui a duré plusieurs années.

Pourquoi SkyCity Adelaide a été condamnée à une amende

L’affaire remonte à 2022, lorsque les autorités d’Australie-Méridionale ont ouvert une enquête indépendante sur l’Adelaide Casino. Cette enquête a été suspendue pendant 18 mois, le temps qu’une procédure fédérale distincte, engagée par l’AUSTRAC, l’autorité australienne de renseignement financier, se déroule en parallèle.

En juin 2024, Le Tribunal a rendu son jugement concernant la plainte d’AUSTRAC, condamnant SkyCity Adelaide de verser 67 millions de dollars australiens (46,9 millions de dollars américains) pour des défaillances systémiques au regard de la législation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les pièces du dossier ont mis en évidence un manque de diligence raisonnable concernant 121 clients à haut risque, dont certains étaient déjà connus des forces de l’ordre, notamment des individus liés au crime organisé, au crédit usuraire et à la traite des êtres humains.

L’enquête indépendante menée en parallèle s’est conclue en août 2025 par la publication d’un rapport de 500 pages rédigé par Brian Martin, juge à la retraite de la Cour suprême. Sa principale conclusion était qu’en octobre 2021, ni SkyCity Adelaide ni sa société mère, SCEG, n’auraient satisfait aux exigences requises pour détenir une licence de casino. Ce n’est qu’en avril 2024 que la société a de nouveau été jugée apte à détenir une licence de casino, à la suite de changements au sein de la direction et de la culture d’entreprise. Une tentative visant à demander des comptes aux anciens dirigeants a échoué : en décembre 2025, le Tribunal suprême de Nouvelle-Galles du Sud a rejeté une plainte déposée par des actionnaires contre huit anciens cadres supérieurs de SkyCity.

Sept conditions en échange d’un accord à l’amiable

L’accord actuel résout toutes les questions portées à la connaissance de l’autorité de régulation, couvrant à la fois les points soulevés dans le rapport du juge et d’autres préoccupations. En contrepartie, l’entreprise a accepté sept obligations fondamentales :

  1. D’ici le 1er janvier 2028, la majorité des sièges au conseil d’administration de SkyCity Adelaide devra être occupée par des administrateurs indépendants n’ayant aucun lien avec la société mère SCEG.
  2. Le directeur général local d’Adelaide Casino rendra compte directement à ce conseil d’administration, tandis que tous les cadres supérieurs rendront compte au PDG.
  3. La société doit signaler au commissaire toute violation significative dans un délai de cinq jours ouvrés.
  4. Un auditeur indépendant chargé de la conformité commencera à établir des rapports annuels 12 mois après l’achèvement de l’initiative interne de transformation du programme B3, dont la fin est prévue en juin 2027.
  5. Le casino supprimera progressivement les transactions en espèces supérieures à 4 999 dollars australiens (3 500 dollars américains).
  6. Les voyages organisés par des « junkets » sont interdits pour une durée indéterminée. Dans la pratique, le casino a cessé ses activités de « junkets » en avril 2021.
  7. Enfin, le commissaire se voit conférer le pouvoir d’émettre des directives juridiquement contraignantes directement à l’intention de la société mère, SCEG, une autorité sans précédent qui s’étend au-delà des frontières de l’Australie-Méridionale.

« La conclusion de cet accord de principe constitue une étape importante pour SkyCity et reflète le travail considérable accompli par notre équipe au cours des quatre dernières années pour transformer notre culture de conformité, renforcer notre gouvernance et regagner la confiance de nos autorités de régulation »

Jason Walbridge, PDG de SCEG

Dans un communiqué du Bureau des services aux consommateurs et aux entreprises, le commissaire Brett Humphrey s’est dit convaincu que les mesures garantiraient le respect continu de toutes les conditions de licence et des lois applicables au niveau de l’État et au niveau fédéral.

« Cela devrait envoyer un message clair aux habitants de l’Australie-Méridionale : les manquements du passé sont totalement inacceptables, et nous attendons d’eux – en tant que propriétaires et exploitants du seul casino d’Australie-Méridionale – qu’ils fassent mieux à l’avenir »

Brett Humphrey, commissaire aux alcools et aux jeux de hasard d’Australie-Méridionale

L’AUSTRAC passe l’ensemble de l’industrie au crible

SkyCity n’est pas le seul opérateur à avoir subi la pression de l’AUSTRAC. Depuis 2021, une vague de mesures coercitives a déferlé sur l’industrie des jeux de hasard en Australie. Pratiquement tous les grands opérateurs du pays ont fait l’objet d’une enquête indépendante, d’une commission d’enquête ou d’une procédure au Tribunal.

Parmi les affaires les plus marquantes, Crown Melbourne et Crown Perth ont été condamnés par le Tribunal en juillet 2023 de verser un montant total de 450 millions de dollars australiens (315 millions de dollars américains) à l’AUSTRAC pour des manquements équivalents en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.

Star Entertainment attend la décision du Tribunal concernant une plainte d’AUSTRAC portant sur 400 millions de dollars australiens (280 millions de dollars américains) ; les audiences se sont achevées en juin 2025, et aucun verdict n’avait encore été rendu au moment de la publication. La société avait déjà averti qu’une amende de cette ampleur menacerait sa viabilité financière. En décembre 2024, l’AUSTRAC a déposé sa toute première plainte contre un opérateur de paris en ligne, visant Entain, dont l’audience prévue en novembre 2026.

Défaillance systémique et réponse législative

Le fil conducteur de toutes ces procédures est une diligence raisonnable vis-à-vis de la clientèle historiquement insuffisante. Pendant des décennies, les casinos ont attiré des joueurs fortunés par l’intermédiaire de tiers, sans vérifier de manière approfondie l’origine des fonds. Lorsque les autorités de régulation ont commencé à mener des enquêtes après la pandémie, les défaillances accumulées se sont avérées généralisées à l’ensemble de l’industrie.

La réponse législative a pris la forme d’amendements à la législation australienne en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. À compter du 31 mars 2026, des exigences actualisées en matière de programme de conformité et de vigilance à l’égard de la clientèle s’appliqueront aux entités déjà réglementées, notamment les casinos et les bookmakers. Le 1er juillet 2026, la réforme entrera dans sa phase suivante, soumettant pour la première fois les avocats, les experts-comptables, les agents immobiliers et les prestataires de services liés aux actifs numériques à la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. L’AUSTRAC estime que cela concernera jusqu’à 100 000 nouvelles entités soumises à l’obligation de déclaration.

Pour SkyCity Adelaide, cela signifie que les sept obligations prévues par l’accord sont mises en œuvre dans le cadre d’un cadre réglementaire déjà considérablement renforcé qui s’applique à l’ensemble de l’industrie. L’accord tripartite juridiquement contraignant avec l’État d’Australie-Méridionale devrait être signé sous peu, date à laquelle la première période de paiement débutera.

Cet article a été publié pour la première fois sur la page russe de SiGMA News le 22 juin 2026.

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